Le Soleil a appris mercredi que des pourparlers «officieux» ont déjà eu lieu entre des représentants du groupe et les autorités portuaires, propriétaires de la scène extérieure de Pointe-à-Carcy.
Selon ce qu'il a été possible d'apprendre, GSG entend faire une proposition plus «concrète» d'ici les vacances des Fêtes. Rien n'est officiel pour le moment.
L'approche exploratoire n'a pas permis d'aborder en profondeur de nombreux aspects liés à la gestion du lieu, tels que le prix de loyer, le partage des risques, la rentabilité, les sources de revenus. Il n'y a aucune entente, et la décision sur l'avenir de l'Agora est la prérogative du Port.
GSG fait la promotion, produit et gère plus de «600 événements musicaux, sportifs et familiaux chaque année» en Amérique du Nord. Il appartient à l'ancien propriétaire du Canadien de Montréal, l'Américain George Gillett. Il n'a pas été possible de joindre un porte-parole de l'entreprise, mercredi.
«Il y a plein de monde intéressé», a fait savoir le pdg du Port, Ross Gaudreault, au Soleil. «On a trois ou quatre propositions sur la table présentement. Notre conseil d'administration étudie ça. On ne dort pas sur la switch. La décision va être prise dans un avenir pas trop éloigné.»
Festival d'été
Le patron du Port refuse d'en dire plus sur les propositions en question. Il est plausible qu'il considère toujours celle faite l'année dernière par le Festival d'été.
«On avait fait une réflexion sur ce que devrait être une programmation à l'Agora pour ramener les gens dans ce lieu-là», rappelle Luci Tremblay, du Festival d'été. «Rien d'extravagant, mais quelque chose qui s'inscrit bien dans ce qui se fait dans le coin : le Moulin à images, l'animation sur les quais, les Fêtes de la Nouvelle-France... Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y aurait pas de gros shows rock.»
Il n'y a pas eu de nouvelles discussions avec le Festival d'été, mais les échanges ont intéressé le Port. «On a l'expertise pour le faire, dit Mme Tremblay. L'an dernier, le Port n'avait pas d'argent. S'ils ont l'argent, j'imagine qu'ils vont regarder cette possibilité.»
Au bas mot, un fonds d'exploitation de 200 000 $ à 300 000 $ est nécessaire pour assurer un roulement : sécurité, billetterie, gestion, etc. L'année dernière, le gouvernement conservateur a refusé d'injecter des sommes dans la programmation.
«Ç'a toujours été ça, l'Agora, note Ross Gaudreault. Ça prend un fonds d'opération. On l'a demandé [l'an dernier], et rien nous empêche de le demander encore. On est en période de négociation. C'est vrai qu'il faut qu'il y ait plus de spectacles.»
Ouverture de Verner
Deux sources ont indiqué au Soleil que la ministre conservatrice Josée Verner montre des signes d'ouverture quant à un budget pour l'Agora dans la mesure où un plan sérieux lui est déposé.
Rénovée au coût de 17 millions $ en 2008, l'Agora du Vieux-Port est sous-exploitée. L'an dernier, le Port de Québec a perdu 500 000 $ avec la scène, notamment en raison de la compétition des spectacles gratuits du 400e. Cette année, l'Agora a fait ses frais, assure M. Gaudreault.
Le pdg du Port digère mal les propos du consultant Jean Baillargeon, qui a qualifié l'Agora «d'éléphant blanc» il y a quelques jours. «On veut que ça réussisse, dit-il. L'Agora, elle est là pour 100 ans. C'est sûr que ce ne sera pas un éléphant blanc.»











