«Vous devrez ralentir dans les quartiers», a-t-il lancé aux automobilistes en guise d'avertissement à l'ouverture du conseil municipal, lundi soir. Celui-ci dit vouloir faire de Québec la première ville québécoise à distribuer des constats d'infraction grâce à des radars photo.
Montréal et certaines villes de sa banlieue en ont installé dans leurs rues résidentielles, mais ils servent uniquement à rappeler aux automobilistes la vitesse à laquelle ils circulent. Seuls les 15 appareils installés ce printemps par le MTQ peuvent servir à distribuer des contraventions depuis le 19 août dernier.
Après avoir repoussé durant les élections le débat sur la vitesse dans les quartiers, le maire a reconnu lundi que «le rapport de la Table sur la sécurité routière n'a pas apporté les réponses qu'on espérait». Le groupe De Koninck s'est en effet contenté de commander une étude à l'Université Sherbrooke pour étudier la baisse de la vitesse dans les quartiers.
Ne souhaitant plus attendre, M. Labeaume compte officiellement demander «d'utiliser et de fabriquer des photos-radars» à la ministre des Transports, Julie Boulet, lors du conseil du 21 décembre prochain. Contrairement à la majorité des appareils déployés par le MTQ, ceux de Québec ne seraient pas fixes, mais mobiles.
«On ne fait pas ça pour faire de l'argent, mais pour que les gens ralentissent», a assuré M. Labeaume. Rappelons que l'implantation des premiers radars photo a provoqué l'irritation chez les automobilistes québécois, plusieurs y voyant une façon détournée de collecter des fonds.
Opération de la dernière chance
Avant de frapper, M. Labeaume entend néanmoins donner une dernière chance aux automobilistes. Le maire a demandé au chef de police Serge Bélisle d'élaborer un plan pour intervenir d'ici quelques jours dans les quartiers.
Ainsi, tout au long de décembre et de janvier, les policiers mèneront des opérations spéciales dans des secteurs bien précis où les problèmes de vitesse sont manifestes. Pour l'instant, seuls les quartiers Saint-Yves et Saint-Louis-de-France, à la tête des ponts, et Saint-Jean-Baptiste, au centre-ville, ont été identifiés.
Pendant trois jours, les agents sensibiliseront les gens à la nécessité de rouler plus lentement dans les rues résidentielles. Puis, les policiers reviendront quelques jours plus tard avec leur calepin de contraventions bien en main. «On prend trois jours pour leur expliquer, puis s'ils n'ont pas compris au bout de trois jours, on frappe. On donne des contraventions, et qu'ils [les policiers] en donnent en masse!»
Disant avoir constaté lui-même les problèmes de vitesse, M. Labeaume en vient à se demander pourquoi «quelqu'un qui habite par exemple Saint-Jean-Chrysostome doit absolument aller vite pour arriver cinq minutes plus vite chez lui. Il y a probablement une émission de télévision que je ne connais pas ou il est en amour. C'est idiot et c'est dangereux.»
Éliminer la «Zone de confort»
M. Labeaume dit vouloir éliminer la «zone de confort» dans les quartiers, cet écart entre la limite de vitesse et la vitesse à laquelle les automobilistes s'attendent à recevoir une contravention. «Cinquante-huit kilomètres heure dans une zone de 50 km/h, c'est trop. On va passer le message aux policiers : à partir de 52 km/h, c'est trop», a indiqué le maire. Il demande aux policiers d'être particulièrement «drastiques» près des zones scolaires.
À terme, M. Labeaume dit vouloir changer la mentalité des automobilistes pour que ceux-ci fassent davantage attention aux piétons sur la voie publique. «Il faut que les automobilistes soient assez courtois pour faire passer les piétons avant.»














