«Les prochaines coupures devront être plus chirurgicales. Il faudra que les revenus aillent au même rythme. Si vous vous demandez pourquoi je suis toujours en train de vendre cette ville-là à l'extérieur, de la vanter et de dire que c'est la plus attrayante au pays, c'est parce qu'on n'a pas le choix. On veut avoir des revenus de taxation.»
Le maire Régis Labeaume a ainsi exprimé son inquiétude, mercredi, notamment en ce qui a trait à la capacité financière de la Ville d'appliquer l'importante réorganisation du plan de transport actuellement à l'étude. «Il va falloir des budgets de démarrage pour ça», a-t-il lancé.
Il n'en fallait pas plus pour aborder le sujet du partage des pouvoirs de taxation entre les gouvernements. «Préférez-vous des nouveaux pouvoirs ou des nouveaux programmes d'aide?» pour réaliser vos projets, a demandé une journaliste. «Ça dépend comment on voit le rôle des villes dans l'avenir, la place des villes dans la société. Pour ma part, je crois que dans le monde, ce n'est plus les États qui se compétitionnent, ce sont les villes», a répondu le maire.
Ce dernier a ensuite clairement indiqué à quelle enseigne il loge.
«Je compte de moins en moins sur les gouvernements pour gérer cette ville-là. À partir du moment qu'on [les villes] prend de plus en plus de responsabilités et qu'on les additionne : environnement, immigration, développement économique [...].»
Perte de confiance
«Je ne me fie pas sur les gouvernements pour développer l'économie de cette ville-là. Je ne me fie pas aux gouvernements pour développer la culture dans cette ville-là. Je me fie de moins en moins aux gouvernements pour combattre la pauvreté. Je ne me fie plus au gouvernement pour l'avenir de la ville.»
M. Labeaume souligne que de plus en plus de maires pensent comme lui, dont ceux de Milwaukee et de Chicago. «Il va falloir qu'ils acceptent [les gouvernements] qu'il y ait des argents qu'ils ne gèrent plus, mais que nous gérons. Et ça, ce n'est pas le propre des politiciens de laisser les autres gérer une partie de leur argent. Et surtout pas le propre des bureaucraties.» Le maire se donne deux ans pour «avancer» dans ce dossier.
















