«En période hivernale, plusieurs enfants, notamment des étudiants de l'école secondaire La Camaradière, traversent la rivière pour se rendre à leur école ou ailleurs dans le quartier Les Saules», souligne une étude commandée en 2006 par la Ville de Québec et dont Le Soleil a obtenu copie.
Si l'école est située à 500 mètres à vol d'oiseau du secteur du Buisson du quartier Les Saules, les piétons doivent faire un détour de près de 3 km pour traverser à pied la rivière Saint-Charles. Bref, plutôt qu'une marche de 10 minutes, les écoliers qui n'ont pas accès au transport scolaire en raison de leur relative proximité doivent se taper une marche de 45 minutes.
Les piétons du secteur du Buisson se trouvent ainsi isolés depuis la construction de l'autoroute Félix-Leclerc (de la Capitale) dans les années 60, coupant en deux le quartier Les Saules. À l'époque, aucun lien piéton n'avait été prévu le long de l'axe routier.
Non contents, plusieurs jeunes ont donc pris l'habitude de profiter de l'arrivée du temps froid pour enjamber la rivière Saint-Charles sur le couvert de glace. Une traversée plutôt risquée. «C'est arrivé que des enfants reviennent mouillés à la maison parce qu'ils avaient défoncé le couvert de glace», rapporte André Lainé, un résidant du secteur siégeant au conseil de quartier. Le rapport de 29 pages des firmes Pluram et Cima plus, remis en juin 2006, souligne d'ailleurs que «bien qu'aucun accident [fatal] n'a été relevé à ce jour, certains événements ont été signalés par des résidents [sic]».
Au-delà des écoliers, les 4500 à 6000 résidants du secteur du Buisson sont pénalisés. L'absence de passerelle les empêche d'avoir accès aux pistes cyclables et trajets d'autobus du RTC situés tout juste de l'autre côté de la rivière. Situées à moins de deux kilomètres, les Galeries de la Capitale deviennent ainsi inaccessibles à pied en raison du long détour imposé. «Ce détour nécessite plus souvent qu'autrement l'emploi de la voiture», souligne d'ailleurs le rapport.
Passerelle très attendue
Attendue depuis plus d'une quinzaine d'années, une passerelle de 150 m doit être construite pour permettre aux piétons et aux cyclistes de traverser la rivière de façon sécuritaire. La Ville de Québec avait annoncé au conseil de quartier vouloir débuter les travaux à l'automne, mais une visite sur le terrain hier a permis de constater que rien n'avait encore bougé. D'abord évalués à 1,3 million $, ceux-ci auraient gonflé à 2,4 millions $ en raison de contraintes environnementales. «On dirait qu'il faut qu'il arrive un problème pour que la Ville agisse plus rapidement, s'indigne André Lainé. Il n'y a pas de raison qu'on ne fasse rien : la sécurité des jeunes est menacée. On ne réclame rien d'extraordinaire.»











