L'événement n'aura rien d'un squat, comme dans le cas de l'îlot Berthelot, où des militants s'étaient installés durant quatre mois pour réclamer des logements sociaux.
«On veut que la population se réapproprie le site sous toutes ses coutures», affirme Mathieu Houle-Courcelles, porte-parole de l'organisme communautaire. «Si la population ne se mobilise pas là-dessus, la Ville de Québec va juger qu'elle consent.»
Propriétaire du terrain depuis plus de 10 ans, Jacques Robitaille, des Hôtels Jaro, veut y bâtir un hôtel de 300 chambres assorti d'une quarantaine de logements. Après avoir démoli l'église, il doit faire abattre la façade d'ici les prochaines semaines.
Saint-Jean-Baptiste est déjà ceinturé d'hôtels, plaide le comité. «Est-ce qu'on en a besoin d'un de plus, alors que les autres vivent déjà beaucoup de temps morts?» demande M. Houle-Courcelles.
Le comité populaire croit qu'un projet comme celui qu'il a déjà déposé, qui propose 70 logements ainsi que des commerces, des locaux communautaires et une place publique, correspond davantage au souhait des citoyens.
En campagne électorale, les candidates de l'Équipe Labeaume Chantal Gilbert (depuis élue dans Les Faubourgs) et Line-Sylvie Perron (défaite dans Vieux-Québec-Montcalm) proposaient d'exproprier le propriétaire et de construire des logements à l'emplacement de l'église.
Aujourd'hui, la conseillère municipale Chantal Gilbert ne voit pas comment la Ville pourrait reprendre le terrain sans que la facture ne soit astronomique. «L'expropriation coûterait au moins 10 millions $ si on tient compte de la valeur marchande et des frais juridiques, fait valoir Mme Gilbert. Le propriétaire ne veut pas vendre, et c'est son droit de développer son terrain, puisqu'il respecte le zonage.»
Elle est tout à fait favorable à une séance d'information publique. «Mais on ne pourra pas changer les règles qui existent», précise-t-elle.
Le vice-président au comité exécutif, François Picard, qui s'était souvent montré critique du projet d'hôtel, s'est fait une raison. «On a 12 autres terrains vacants dans le grand secteur de la colline parlementaire, fait-il remarquer. On va miser sur le résidentiel pour ces terrains-là.»
Aucun permis de construction n'a encore été délivré pour le projet d'hôtel de 300 chambres, car la Commission d'urbanisme de la Ville doit d'abord se prononcer.











