La Ville de Québec tente d'expulser Attractions Hippiques

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Depuis le mois de novembre, le loyer mensuel... (Photothèque Le Soleil)

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Depuis le mois de novembre, le loyer mensuel de 25 000 $ d'Attractions Hippiques à l'hippodrome n'a pas été payé.

Photothèque Le Soleil

Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) La Ville de Québec se fend en quatre pour expulser de l'hippodrome l'entreprise Attractions Hippiques, qui n'y paie plus ni le loyer ni les taxes, ni les assurances depuis des mois. Mais l'entreprise ne lâche pas le morceau.

De concert avec ExpoCité, l'administration municipale prend la voie des tribunaux pour résilier le contrat qui la lie jusqu'à la fin de 2011 à la compagnie du sénateur libéral Paul J. Massicotte.

«Nous considérons que l'entreprise ne remplit pas les conditions de l'entente et nous voulons obtenir la permission de mettre fin au contrat de location», explique François Moisan, du Service des communications de la Ville.

Sur la liste des créanciers d'Attractions Hippiques, qui est sous la protection de la loi sur la faillite, se trouve ExpoCité. L'organisme qui loue l'infrastructure réclame une somme de près de 500 000 $ à l'entreprise qui a échoué à relancer l'industrie des courses au Québec.

Depuis le mois de novembre, le loyer mensuel de 25 000 $ n'a pas été payé. La Ville de Québec assure aussi que la compagnie

a omis de lui verser plus de 310 000 $ en taxes municipales. Une créance de 13 400 $ à la commission scolaire de la Capitale donne à penser que les taxes scolaires ont aussi été oubliées.

Sans compter que l'entreprise est aussi en défaut «d'avoir maintenu toutes les assurances requises» à l'hippodrome, sur la piste de course et au Pavillon du commerce.

Chez Attractions Hippiques, on convient que «malheureusement, les fonds ne sont plus là» pour payer les factures. Le porte-

parole Robert Lupien soutient toutefois que la compagnie est dans son bon droit de continuer à occuper les lieux.

«Nous avons investi 23 millions $ en rénovations dans le bâtiment, note M. Lupien. Maintenant, nous cherchons un sous-locataire. C'est notre droit, et nous sommes convaincus que cela peut se faire à profit et compenser sur notre placement initial.»

Le porte-parole ne s'avance pas sur la légitimité de Québec de remettre en question l'entente à partir du moment où l'entreprise est en défaut de paiement. «C'est soumis au tribunal, et on va se soumettre à la décision de la cour», dit M. Lupien.

160 créanciers

Rien que pour l'hippodrome de Québec, Attractions Hippiques a une liste de créanciers longue de 160 noms, dont celui du Soleil, qui lui réclame 66,54 $. Les dettes s'élèvent à plus de 15 millions $.

L'aventure de la privatisation des hippodromes a mal tourné pour Attractions Hippiques et le sénateur Massicotte. Il se plaint d'avoir été abandonné en cours de route par Loto-Québec, incapable de fournir les revenus anticipés. L'entreprise entend d'ailleurs poursuivre pour quelque 100 millions $ la société d'État, et promet de payer ses créanciers avec la somme obtenue.

La hache a été mise dans les programmes de course à Québec en octobre. Des spéculations sur l'emplacement du futur colisée sur les terrains d'ExpoCité vont bon train.

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