Transport en commun: Lévis réclame 20 millions $

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La mairesse de Lévis réduira les services s'il... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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La mairesse de Lévis réduira les services s'il n'y a pas d'entente d'ici mars.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Isabelle Mathieu
Le Soleil

(Québec) La Ville de Lévis réclame une vingtaine de millions de dollars du gouvernement du Québec pour réparer une injustice vieille de deux décennies dans le financement du transport en commun. À défaut de quoi elle mettra un frein à son implication dans les projets métropolitains.

Tant et aussi longtemps que le règlement sur l'iniquité ne sera pas conclu, Lévis s'abstiendra de participer aux initiatives régionales de transport en commun, assure Danielle Roy Marinelli. «Quand on va s'asseoir avec la Rive-Nord, c'est qu'on va être traité comme la Rive-Nord», résume la mairesse de la ville de 138 000 habitants.

L'administration de la mairesse Danielle Roy Marinelli a annoncé ses couleurs la semaine dernière; la Société de transport de Lévis réduira ses services de 20 % en mars si la Ville n'obtient pas ce qu'elle veut du gouvernement provincial.

Ce que Lévis veut, c'est la totalité du 30 $ que paient en frais d'immatriculation les conducteurs de la Rive-Sud pour financer le transport en commun. Sur une somme de 1,9 million $ par année, Lévis ne reçoit que 1,2 million $ et voit 1,2 million $ partir pour Québec. Elle veut récupérer le plein montant de la somme versée par les Lévisiens, soit un total de 2,4 millions $.

Manque à gagner

En entrevue au Soleil lundi, Mme Roy Marinelli ajoute que son administration s'attend à bien davantage que de récupérer l'équivalent du montant versé annuellement à ses voisins du Réseau de transport de la Capitale. «On a droit à la récurrence, car ça fait 18 ans que ça dure, affirme la mairesse de Lévis. C'est un manque à gagner de 18 millions $ qui fait qu'on ne s'est pas développé, on a juste survécu.»

La Société de transport de Lévis en arrive en 2010 à devoir couper dans ses circuits d'autobus pour réussir à présenter un budget équilibré, déplore la mairesse. La STL dispose d'un budget de 19,5 millions $ par année. En comparaison, le Réseau de transport de la Capitale a un budget annuel de 165 millions $.

La menace de compression du service de transport en commun, lancée en plein conseil municipal, a semblé faire réagir la ministre des Transports Julie Boulet. Lors de la rencontre économique tenue à Lévis la semaine dernière, la ministre a d'ailleurs promis à la mairesse de «la rencontrer le plus rapidement possible», confirme l'attachée de presse de Julie Boulet.

Pas de fusion

Ce n'est pas demain la veille que les sociétés de transport de la Rive-Sud et de la Rive-Nord formeront un seul grand réseau. Alors que plusieurs rêvaient d'intégration il y a quelques mois, aujourd'hui, Danielle Roy Marinelli ne croit pas une intégration possible. «Peut-être un jour une union, une interconnexion, mais pas d'intégration, résume la mairesse. On est deux villes.»

Lévis a une société de transport qui mérite de se développer et pas juste vers le nord, aussi d'est en ouest. «On veut garder le contrôle du développement de notre société de transport, dit Mme Roy Marinelli. Et je ne suis même pas sûre que ce soit une bonne solution au niveau des coûts.»

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