Rapaille déchire le conseil

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Québec et son image

[ Société ]

Québec et son image

Lasse de l'expression «Vieille Capitale» qui lui est accolée, la Ville de Québec fait appel au «gourou» Clotaire Rapaille pour «revamper» son image de marque. »

Le maire avait un exemplaire du livre de... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Le maire avait un exemplaire du livre de Clotaire Rapaille qu'il n'a pas hésité à brandir hier lors de la séance du conseil municipal.

Le Soleil, Steve Deschênes

Pierre-André Normandin
Le Soleil

(Québec) Le spécialiste en marketing Clotaire Rapaille arrive aujour­d'hui dans la capitale alors que son embauche continue de soulever la controverse. Un débat acrimonieux a déchiré le con­seil municipal lundi soir, l'administration Labeaume défendant bec et ongles sa décision et les deux seuls conseillers indépendants exigeant davantage d'explications.

Prenant les devants, le maire Régis Labeaume a ouvert le bal en vantant les mérites du Français, qui débute aujourd'hui une série de visites à Québec afin de rajeunir l'image de la capitale. «C'est un gars de business. Il est grandiloquent, il est spécial, il est créatif. On n'est pas obligé d'embaucher du monde plate», a-t-il résumé.

M. Labeaume dit avoir connu M. Rapaille par l'entremise de l'organisme PÔLE Québec Chaudière-Appalaches et décidé de l'embaucher pour attirer des jeunes dans la capitale. À son avis, ce Français installé à New York est le mieux placé pour découvrir ce qui peut rendre la capitale attirante.

Son contrat n'ayant toujours pas été rendu public, le maire a répété qu'il en coûterait environ 300 000 $ pour 10 à 12 semaines de travail. «Ça coûte ça engager n'importe quelle agence. À moins que vous engagiez des pee-wees», a-t-il lancé.

Ces explications n'ont pas satisfait les deux conseillers indépendants qui ont mitraillé l'administration de questions, donnant lieu à un débat acrimonieux. Par moments, la joute oratoire avait des allures de partie de tennis, le maire et les élus s'accusant à tour de rôle de mentir et s'interrompant pour demander des rétractations.

Excédée des réponses du maire, qu'elle jugeait vagues, la conseillère Anne Guérette s'est emportée. «Si moi, j'ai des questions, les citoyens doivent en avoir aussi, a-t-elle lancé, soulevant un tonnerre d'applaudissements chez la trentaine de citoyens présents dans la salle du conseil. J'ai été élue pour ça et je fais simplement mon travail. Ce sont les citoyens qui vont payer. C'est normal qu'ils sachent combien ça va coûter, qu'est-ce que ça comprend et ce qu'on va obtenir. C'est juste normal. Je ne sais pas qui fait de la démagogie ici.»

Au maire qui lui suggérait de faire un stage en entreprise, Mme Guérette a répliqué qu'une «Ville, c'est pas une business. C'est un milieu de vie. Les citoyens donnent 1,2 milliard $ pour gérer Québec. C'est normal que les citoyens veulent avoir leur mot à dire, ils ne veulent pas juste nous signer des chèques».

Membre du comité exécutif, la conseillère Julie Lemieux est venue à la rescousse du maire, manifestant sa «grande fierté» de travailler avec M. Rapaille. Elle a invité l'élue à acheter son livre pour mieux comprendre son travail. Le maire en avait d'ailleurs un exemplaire qu'il n'a pas hésité à brandir lundi lors de la séance.

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