Conviée à défendre sa décision en arbitrage, la Ville s'est affairée lundi à démontrer qu'aucun employé manuel ne perdrait son emploi au 1er avril, date à laquelle le privé prendra en charge la collecte des ordures sur l'ensemble du territoire de Québec. «Personne ne va être mis à pied», a martelé le directeur général de Québec, Alain Marcoux.
Pour preuve, ce dernier a cité le budget alloué aux travaux publics en 2010. De 57,9 millions $ en 2009, celui-ci est de 59,4 millions $ cette année. En tenant compte des augmentations de salaires, la Ville est donc loin de réduire la charge de travail de ses cols bleus, a plaidé M. Marcoux.
Un débat mathématique
Le syndicat qui a déposé cet été son grief maintient pour sa part que les cols bleus perdront 100 000 heures de travail avec cette décision, soit environ 50 postes. Et que si les employés réguliers seront réaffectés, les auxiliaires qui travaillent à temps partiel écoperont en bout de ligne, a indiqué leur président, Jean Lachance.
En marge de ce débat très mathématique sur les heures travaillées, les cols bleus continuent leur campagne auprès de la population pour dénoncer la décision de privatiser ce service. À noter, seuls les arrondissements des Rivières, La Cité-Limoilou et une partie de la Haute-Saint-Charles étaient faits en régie. Environ 100 000 dépliants seront envoyés cette semaine par la poste, principalement aux résidants de l'ancienne Ville de Québec.
Comme dans leurs capsules radio où l'on faisait le rapprochement entre ordures et enveloppes brunes, le syndicat n'hésite pas à lier la privatisation aux scandales de collusion secouant le monde municipal depuis cet automne. Le dépliant fait d'ailleurs appel à des manchettes de journaux où l'on peut lire «Privatiser coûtera plus cher» et «Coupable de collusion».
Rappelons que la Ville évalue de 20 % à 22 % les économies en faisant appel au privé, une économie de 1 million $ par an. Au contraire, les cols bleus estiment que la facture sera plus salée à long terme.
Jean Lachance prend en exemple la collecte des résidus verts que la Ville a tenté de confier au privé l'an dernier. Mais devant les coûts élevés, Québec avait finalement décidé de demander à ses cols bleus de s'en charger. Ce qui ne sera plus possible si l'on vend les 38 camions de vidanges comme le prévoit la Ville, dit le président syndical.
L'arbitre Denis Provençal doit trancher d'ici un mois si la décision respecte la convention collective des cols bleus.














