Québec renoncerait à deux casernes

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En 2006, la Ville de Québec a opté... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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En 2006, la Ville de Québec a opté pour des casernes «vertes» ? comme celle de Lebourgneuf ? avec mur solaire, système de récupération de l'eau de pluie, matériaux recyclés lorsque disponibles et les plus durables possible.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Isabelle Mathieu
Le Soleil

(Québec) Janvier 2005. La Ville de Québec adopte son schéma de couverture de risques, une réforme colossale, avec au final une organisation à 19 casernes et près de 500 pompiers. Cinq ans plus tard, l'administration Labeaume éliminerait deux projets de caserne, dans l'est de Charlesbourg et à Cap-Rouge. 

Combien faut-il de casernes pour garder les citoyens de Québec en sécurité? Avec 17, le service serait excellent, promet l'administration. Si on s'arrête avant d'avoir les 19 casernes prévues, des milliers de résidants auront un service inférieur, craint le syndicat des pompiers.

Le chef des pompiers de Québec, Richard Poitras, présentera d'ici quelques jours le schéma révisé. Son mandat : diminuer la facture, jugée trop salée par l'administration Labeaume, tout en gardant les performances.

Depuis 2005, la Ville de Québec dit avoir allongé 60 millions $ en sécurité incendie, dont 22 millions $ pour les casernes. Elle a bâti quatre casernes ultra-modernes et respectueuses de l'environnement avec leur certification LEED. Et chères : entre 4 et 6,5 millions $ chacune, plutôt que les 2,5 millions $ que coûte une caserne traditionnelle.

Une surprise : la construction d'une caserne neuve à Saint-Augustin-de-Desmaures. Montant de la note : 5,8 millions $.

À l'origine, la Ville de Québec prévoyait simplement réaménager la vieille caserne installée dans l'édifice municipal, route Fossambault. La Ville de Saint-Augustin a réclamé l'espace pour son service de travaux publics.

Les 16 casernes existantes... et les trois à oublier (carte)

Dernier chantier

Selon les informations obtenues par Le Soleil au cours des dernières semaines, la direction du service de lutte contre l'incendie recommanderait une organisation à 17 casernes, soit une de plus qu'à l'heure actuelle.

Selon un document fourni par la Ville, l'ultime caserne sera construite pour desservir Lac-Saint-Charles et Charlesbourg Nord. La Ville a déjà prévu 4,9 millions $ pour cette future caserne et a déjà engagé 350 000 $.

Éliminée donc, la caserne prévue dans le secteur Jean-Gauvin et Promenade-des-Soeurs à Cap-Rouge ainsi que celle qui devait être construite dans l'est de Charlesbourg près des avenues Bourg-Royal et des Érables.

Aux yeux de l'administration, le nombre d'appels incendies dans ces deux quartiers de maisons assez neuves ne justifierait pas la construction d'une caserne.

Oubliée aussi l'idée de «déplacer» la caserne de Beauport de la rue Clémenceau pour en reconstruire une dans le sud de Beauport, près de l'avenue Royale et du boulevard des Chutes.

«En débutant le schéma et en ne le complétant pas, on se retrouve avec des gros problèmes, croit Éric Gosselin, président du Syndicat des pompiers. Les deux casernes de Beauport sont trop collées. Ça nous donne aussi le secteur du prolongement de Saint-David et Bourg-Royal qui sont mal couverts et Cap-Rouge reste mal couvert. Au niveau de ces secteurs-là, on ne rentrera pas dans les délais. Même chose à Lac-Saint-Charles.»

Une recension des interventions incendie de 2008 et 2009 faite par le Syndicat des pompiers montre que dans les secteurs L'Ancienne-Lorette, Lac-Saint-Charles, Cap-Rouge, Beauport-Sud, Saint-Émile et Loretteville, les premiers pompiers arrivent à l'occasion sur les lieux en plus de six minutes, allant parfois jusqu'à 10 minutes. L'application du schéma leur ferait gagner de précieuses minutes, juge le syndicat.

Effectifs doublés

La Ville de Québec continuerait d'aller de l'avant avec la majorité des embauches de pompiers prévues au schéma original.

Les casernes de la rue Saint-Jean, Saint-Odile dans Limoilou et de l'Église à Sainte-Foy verraient leur effectif doubler prochainement pour, notamment, ajouter des pompiers sur les camions à échelle aérienne. Sainte-Foy sera ainsi plus autonome et le centre-ville, moins dégarni.

En 2005, la Ville de Québec affirmait qu'avec 19 casernes, 96 % des citoyens auraient droit à une réponse de quatre pompiers en cinq minutes ou moins.

Comment respecter cet engagement avec deux casernes en moins? «Ça va être un service encore meilleur, promet Richard Côté, vice-président du comité exécutif. Nos critères sont un peu différents, mais ce sera très bon.»

La Ville n'aura d'ailleurs pas le choix de démontrer qu'elle répond aux exigences, affirme Richard Côté, tant au Ministère qu'aux citoyens, lors de consultations publiques.

Premiers répondants encore loin

La Ville de Québec installe des défibrillateurs dans ses arénas, mais ce n'est pas demain la veille que ses pompiers agiront comme premiers répondants et donneront les soins en attendant les ambulanciers. Le président du syndicat des pompiers, Éric Gosselin, ne voit pas comment, avec 17 casernes, la Ville pourrait offrir ce service. «Même à 19 casernes, on n'était pas capable d'avoir le premier répondant, dit M. Gosselin. Dans le schéma original, on pouvait répondre à deux appels importants en même temps. Ça nous enlève de cette capacité-là et aussi pour le premier répondant.» Pendant ce temps, les pompiers de Lévis ont étendu leur service de premiers répondants à tout leur territoire. Avec des pompiers formés comme premiers répondants et munis de défibrillateurs cardiaques à Saint-Nicolas, Lévis (Desjardins), Saint-Étienne et Saint-Romuald, les pompiers peuvent intervenir en cinq à six minutes, soit un peu moins que le délai maximal de huit minutes pour sauver une victime d'un infarctus.

Schéma de couverture de risques

Outil de planification rendu obligatoire par le ministère de la Sécurité publique. Si les villes démontrent qu'elles peuvent répondre à certaines normes, dont la réponse de quatre pompiers en cinq minutes et la force de frappe de 10 pompiers en 10 minutes, elles obtiennent une immunité de responsabilité civile qui les protège contre les poursuites des assureurs. En date de janvier 2010, le Ministère a reçu 97 schémas de couverture de risques des villes et MRC québécoises.

Du nombre, 55 ont reçu leur attestation et huit sont sur le point de l'avoir. Trente-quatre autres sont toujours en analyse et six villes ou MRC n'ont encore rien déposé.   

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