Concours d'art public: la Ville fait son mea-culpa

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L'oeuvre de Jean-Robert Drouillard avait été choisie par... (Photothèque Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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L'oeuvre de Jean-Robert Drouillard avait été choisie par le jury de la Ville pour orner le parc Louis-Latulippe avant que l'exécutif la refuse, provoquant la grogne chez les artistes de Québec.

Photothèque Le Soleil, Laetitia Deconinck

Pierre-André Normandin

Pierre-André Normandin
Le Soleil

(Québec) Les explications de l'administration Labeaume pour passer outre le résultat d'un concours d'art sont loin d'avoir calmé la grogne chez les artistes. Devant ce mécontentement, la responsable de la culture, Julie Lemieux, reconnaît que le comité exécutif n'aurait jamais dû s'ingérer dans le choix d'une oeuvre.

L'administration Labeaume a mis le feu aux poudres la semaine dernière en refusant pour une deuxième fois une oeuvre du sculpteur Jean-Robert Drouillard pour orner un parc de Vanier. Même si la Ville a tout de même commandé la sculpture d'un adolescent à tête de renard jouant au baseball, un regroupement de 24 artistes «sous le choc» dénoncent l'ingérence du comité exécutif. «Nous considérons que ceci est absolument inacceptable, c'est un manque de respect, de considération et de reconnaissance pour des artistes professionnels membres de jury», peut-on lire dans une lettre envoyée au Soleil.

Le geste de lui préférer une autre oeuvre a été d'autant plus mal reçu que le maire a souvent dit vouloir miser sur l'art public, comme Chicago. Or, «pour le moment, [Québec] semble agir comme une petite bourgade, où l'on se permet de mettre en doute le travail des professionnels que sont les artistes de réputation qui participent aux jurys.»

Les 24 signataires sont justement appelés à participer à ces concours, comme spécialistes ou pour soumettre leurs oeuvres. Et la décision pourrait les inciter à les boycotter, prévient l'une d'entre eux, Danielle April.

Mea-culpa

En entrevue au Soleil, la conseillère Julie Lemieux reconnaît avoir été «mal à l'aise» avec la décision du comité exécutif de préférer l'oeuvre arrivée deuxième au concours d'art, soit celle d'une cloche. Elle dit s'être ralliée après avoir constaté le lien entre la sculpture et le site visé, soit une ancienne chapelle sauvée de la démolition par une lutte citoyenne. Reste qu'une telle décision ne doit plus se produire, assure-t-elle.

«On ne veut plus s'en mêler. On n'a pas d'affaire à s'en mêler. Dans ce cas, c'était parce qu'on était unanimes que la chapelle avec la cloche, c'était bon. Mais ça n'aurait pas dû arriver et ça n'arrivera plus», a-t-elle dit au bout du fil.

Selon Julie Lemieux, la Ville n'avait pas été assez précise dans sa commande au jury et aurait dû spécifier l'importance d'un lien entre l'oeuvre recherchée et le parc Louis-Latulippe, adossé au Centre d'art La Chapelle. Québec devra s'assurer d'être suffisamment spécifique à l'avenir, dit l'ancienne journaliste du Soleil.

La colère grondait déjà depuis plusieurs mois dans le milieu, les artistes ayant demandé des améliorations au programme d'art public de la Ville. Élue en novembre, Mme Lemieux dit d'ail­leurs avoir senti un «malaise» dans la communauté artistique ces derniers mois.

 


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