Conseil d'agglomération: la fin est proche

Les maires de Saint-Augustin et de L'Ancienne-Lorette, Marcel... (Photothèque Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Les maires de Saint-Augustin et de L'Ancienne-Lorette, Marcel Corriveau et Émile Loranger, sont favorables à l'élimination du conseil d'agglomération, jugé coûteux et inutile.

Photothèque Le Soleil, Laetitia Deconinck

Isabelle Mathieu
Le Soleil

(Québec) Les jours du conseil d'agglomération sont comptés. Et tout le monde s'en réjouit! Les maires de Québec, de L'Ancienne-Lorette et de Saint-Augustin-de-Desmaures veulent voir abolie cette instance «totalement inutile», ce «simulacre de démocratie».

Depuis quatre ans, deux mardis par mois, les maires de Québec, de L'Ancienne-Lorette et de Saint-Augustin-de-Desmaures ainsi que sept conseillers municipaux de Québec sont convoqués à la salle du conseil en pleine heure de pointe pour participer à la réunion du conseil d'agglomération.

Avec eux, le directeur général et le greffier. Dans la salle, aucun citoyen. Sur la galerie de presse, les places des journalistes sont vides.

Ouverture de la séance, 17h. Adoption en rafale d'une série de décisions, toutes entérinées la veille par le conseil municipal

de Québec.

Levée de la séance... ça dépend. Certaines finissent à 17h06. D'autres s'étirent jusqu'à 17h28. En moyenne, c'est 15 minutes.

Il est temps que cesse cette hypocrisie, lance le maire Émile Loranger. «Je perds une heure et demie dans le trafic pour aller niaiser là 10 minutes», tempête le maire de L'Ancienne-Lorette. «À partir du moment où l'exécutif et le conseil municipal de Québec ont voté, on n'a plus rien à dire. C'est totalement inutile.»

Les règles du jeu de la défusion font que Québec détient presque 94 % du pouvoir à l'agglomération, les deux autres villes se partageant les derniers 6 %. Insatisfaits du partage des dépenses, les maires Corriveau et Loranger ont boycotté durant un an et demi l'instance décisionnelle créée par le gouvernement pour leur donner une voix.

Depuis leur retour au conseil d'agglomération en janvier 2009, le maire de L'Ancienne-Lorette a participé à 4 réunions sur 20, une de plus que son homologue de Québec, Régis Labeaume. Parmi les maires, Marcel Corriveau, de Saint-Augustin-de-Desmaures, a été le plus assidu, présent à 16 séances sur 20.

Marcel Corriveau souhaite lui aussi voir le conseil d'agglomération disparaître. «On ne pense pas que c'est utile de se réunir formellement, dit le maire de Saint-Augustin. Et en allégeant la structure, on va faire des économies.»

Des caisses de documents

Avant chaque séance du conseil d'agglomération, le Service du greffe de Québec doit envoyer des piles de dossiers aux élus, au directeur général, au trésorier et au greffier des villes défusionnées. «On nous a dit que ça coûtait 1 million $ par année, affirme Émile Loranger. Je reçois des caisses de documents à toutes les semaines, c'est fou!»

Sauf pour un exemplaire, tout s'en va directement au recyclage, ajoute le maire Loranger.

Par la voix de son attaché de presse Paul-Christian Nolin, le maire de Québec, Régis Labeaume, s'est montré tout à fait favorable à faire mourir la structure du conseil d'agglomération.

Les dossiers pourraient continuer d'être transmis aux maires des villes défusionnées, et, si ces derniers ne formulent pas d'opposition, les points à l'ordre du jour seraient considérés comme adoptés, soumet la mairie de Québec. Une ou deux fois année, les élus pourraient se réunir pour adopter, par exemple, le budget et le programme triennal d'immobilisations de l'agglomération.

Les trois maires devront maintenant convaincre le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, «gardien» de la loi qui régit les conseils d'agglomération. «Mais si on est tous unanimes, je ne vois pas pourquoi il s'opposerait», affirme Émile Loranger.

Quelques faits sur le conseil d'agglomération

Créé par une loi provinciale le 1er janvier 2006, après les défusions. Il regroupe les villes de Québec, de Saint-Augustin-de-Desmaures et de L'Ancienne-Lorette. Y sont approuvées toutes les décisions concernant les compétences d'agglomération (évaluation foncière, police, pompiers, assainissement des eaux, transport en commun, etc.). Neuf élus y siègent toutes les deux semaines.

- Régis Labeaume a manqué 17 réunions sur 20.

- La durée moyenne des séances est de 15 minutes.

- La plus longue séance a duré 28 minutes, le 17 février.

- La plus courte séance a duré 6 minutes, le 23 décembre.

 

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