Rapaille sera jugé sur ses résultats, dit Labeaume

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Québec et son image

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Lasse de l'expression «Vieille Capitale» qui lui est accolée, la Ville de Québec fait appel au «gourou» Clotaire Rapaille pour «revamper» son image de marque. »

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Hier, le maire Régis Labeaume a refusé de s'exprimer sur le sadomasochisme qu'entretiendraient les habitants de la ville ou de leur supposé complexe par rapport à Montréal.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Pierre-André Normandin
Le Soleil

(Québec) Invité au conseil municipal à «mettre fin au cirque» de Clotaire Rapaille, le maire de Québec, Régis Labeaume, appelle ses détracteurs à la patience. Pour lui, mieux vaut juger le spécialiste de l'image sur ses résultats plutôt que ses constats.

Les deux seuls conseillers indépendants à l'hôtel de ville ont profité de la période des questions au conseil municipal de lundi soir pour dénoncer à nouveau l'embauche du «psychanalyste des marques». «On n'a pas besoin qu'un Français s'en vienne ici en passant par New York, signe un contrat en anglais seulement, pour nous dire qu'on est des mangeux de poutine âgés, névrosés, puis sadomasos. Je m'excuse, mais payer pour se faire dire ça, c'est une connerie. Je demande, Monsieur le maire, d'arrêter les dépenses. Si ces dépenses étaient venues au conseil, j'aurais dit non», s'est emporté l'élu Yvon Bussières (Saint-Sacrement-Belvédère).

Rappelons que l'embauche de M. Rapaille, une dépense évaluée à 300 000 $, n'a pas été votée par le conseil municipal. Comme le comité exécutif peut autoriser une dépense de moins de 100 000 $, la division de la facture entre quatre partenaires a permis d'éviter cette étape.

Mais à la suite du constat de «sadomasochistes névrosés» de M. Rapaille sur les gens de Québec, Yvon Bussières qualifie la démarche de «farce monumentale». Une blague loin d'être drôle, de souligner le conseiller. «C'est de l'argent des citoyens pour se faire dire des niaiseries!»

Sa collègue Anne Guérette a également saisi la balle au bond pour critiquer la démarche. «Québec est beaucoup plus qu'un produit à vendre», a dénoncé la conseillère du Vieux-Québec-Montcalm. Celle-ci juge incomplets les travaux de M. Rapaille, estimant qu'il vaudrait mieux étudier les perceptions des gens de l'extérieur sur Québec plutôt que ses habitants.

En vacances la semaine dernière, M. Labeaume était peu enclin à commenter le constat de M. Rapaille sur le sadomasochisme et la névrose de la ville. «La moindre des choses, c'est de le laisser finir son travail. Je ne me transformerai pas en commentateur. Tout le monde a fait oeuvre utile là-dessus. Bravo pour tout le monde. On est client. À titre de client, on laisse M. Rapaille finir son travail. À titre de client, on va évaluer le résultat. Et c'est notre travail, je ne commencerai pas à commenter le travail de tous les mandataires de la Ville.»

En point de presse, le maire a refusé de répondre directement aux questions des journalistes sur le sadomasochisme qu'entretiendrait Québec et son complexe par rapport à Montréal, estimant qu'«il s'en est assez parlé».

Devant le conseil municipal, M. Labeaume a accusé les indépendants de faire preuve d'opportunisme politique. «Il faudrait faire le bon spectacle au bon moment. Si [Yvon Bussières] voulait voter contre, il aurait pu le dire avant. Si c'était une connerie, il aurait pu le dire avant», a lancé le maire.

 

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