«Au mois de janvier, c'était pas grave», dit Jiovanni Venturino, propriétaire du Gambrinus, dont la façade de la rue Sous-le-Fort est complètement cachée par la piste. En janvier, «après les Fêtes, pendant les tempêtes, c'était pas une grosse perte, je pouvais l'endurer, poursuit-il, mais en mars, il commence à faire beau, il y a des congrès», et les affaires reprennent.
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M. Venturino admet cependant que Gestev lui envoie beaucoup de clients et qu'il a fait salle comble samedi soir. «Mais c'est pas la soirée de ce soir [hier] qui va m'aider beaucoup.» De toute façon, ajoute-t-il, son restaurant est toujours très fréquenté le samedi. «Pendant le mois du montage de la piste, on perd de la business. [Plusieurs clients] disent que c'est épeurant de voir tout ça en face», déplore-t-il, ajoutant que les contraintes à la circulation et au stationnement n'ont rien pour aider.
Même son de cloche pour Elie Dedes, propriétaire de La Pizz, à place Royale. «Le mois de janvier, c'est pas un super mois : on ne fait rien, comme tout le monde. Mais le mois de mars, c'est un mois où je recommence à travailler. Et d'avoir une piste qui me coupe de place Royale, ça ne m'arrange pas forcément.»
M. Dedes raconte que, les années passées, certains restaurateurs du secteur pouvaient vendre leurs produits aux spectateurs du Crashed Ice sous de petites tentes aménagées. Rien pour faire exploser les profits, mais quand même. Or, cette année, Gestev a fait appel à d'autres fournisseurs et, ironie du sort, la tente d'un autre commerçant a été aménagée juste devant son établissement. «Je trouve ça un peu spécial», affirme-t-il.
Par contre, «on arrive toujours à bien s'arranger, suffit juste de discuter», philosophe M. Dedes. Il explique cependant qu'il a remarqué un changement d'attitude chez les organisateurs. «Maintenant que les années avancent, ils ont une position un peu plus prédominante, ils sont un peu moins diplomates», regrette-t-il.
Mais le restaurateur ne veut pas être trop négatif. «Je ne veux pas tirer de conclusions hâtives, je saurai à la fin du mois.»
Fin de non-recevoir
«Je ne crois pas du tout ce que j'entends», rétorque le président de Gestev, Patrice Drouin. Dans le cas du Gambrinus, par exemple, «on va manger là à coups de 40 personnes! Pensez-vous qu'ils perdent de l'argent? On paie, c'est pas gratuit!» soulève-t-il.
Et «quand on construit, il y a des centaines et des centaines de personnes qui passent dans le Vieux-Québec», argumente-t-il, mentionnant au passage que l'organisation a réduit de deux semaines le temps nécessaire au montage de la piste.
Une fan zone à améliorer
La vente des billets pour l'accès à la fan zone a été satisfaisante, selon les organisateurs. Par contre, plusieurs spectateurs rencontrés par Le Soleil étaient déçus, comme Josée Pouliot, qui doit se déplacer en béquilles. «Ça disait dans les pubs qu'il y aurait des places assises. J'ai moi-même appelé chez Gestev et on m'a recommandé d'arriver tôt, vers 17h, pour être certaine d'avoir une place. Je suis arrivée à 16h30... et [elles] sont où, les places assises? Y en a pas!» Au moment même où elle tenait ces propos, une employée de Gestev venait lui porter une chaise. D'autres spectateurs ont dit apprécier l'accès aux services dans cette zone, alors que d'autres étaient déçus de la vue sur la piste compte tenu du fait qu'ils ont déboursé 30$.













