«Le paradoxe dans cette Ville, c'est que les gens en haut sont sous-payés et ceux en bas, surpayés. C'est le monde à l'envers», s'est indigné le maire Labeaume jeudi matin.
En fait, ce dernier souhaite revoir toute la rémunération des hauts dirigeants municipaux. Son administration a d'ailleurs commandé une étude pour comparer le salaire des cadres de la Ville à ceux travaillant dans les entreprises privées de la région. L'objectif sera ensuite d'offrir des montants comparables.
«Je vous le dis, dans quelques mois, je veux que les hauts gradés de Québec soient payés au prix du marché de Québec», a lancé M. Labeaume, estimant que «pour avoir les meilleurs, il faut les payer».
Il soutient que plusieurs de ses directeurs recevraient une rémunération nettement plus élevée dans le privé. «Il y a des gens qui gagneraient le double. [La directrice des ressources humaines Chantale] Giguère, elle gagnerait entre 50 % et 100 % de plus. C'est du 250 000 $ à 300 000$, c'est pas exagéré.»
Le maire ne voit aucun problème à ce que son propre salaire soit nettement en deçà de celui des cadres. «Je pense que le directeur général doit gagner beaucoup plus que le maire. Le maire fait un choix politique, il sait comment il gagne. Un directeur général d'une ville comme Québec, ça n'a pas de sens [qu'il gagne moins que moi].»
Si le salaire d'Alain Marcoux, directeur général de Québec, est plafonné à 162 397$, son homologue de Montréal, Louis Roquet, touchera en 2010 un salaire de 300 000 $. À Laval, leur collègue Richard Fleury reçoit pour sa part 215 000 $, mais n'est toutefois pas admissible à recevoir des bonis.
Condamnés à performer
S'ils recevront de meilleurs salaires, les cadres de Québec se placeront en quelque sorte sur des sièges éjectables. En améliorant leur rémunération, Régis Labeaume dit vouloir se faciliter la tâche si jamais il devait les remplacer.
«S'ils ne font pas leur job, je veux être capable de les remplacer.» Ce que leurs salaires actuels empêchent, étant peu compétitifs par rapport au privé. «On n'est pas capables d'aller chercher les meilleurs sur le marché parce qu'on n'a pas la capacité de payer.»
Le maire a par ailleurs tenu à défendre les bonis versés aux hauts dirigeants de Québec comme le rapportait le Journal de Québec jeudi matin.
«J'en suis conscient que c'est péjoratif, mais on va malgré tout continuer. On pourrait les enlever pour être à la mode, pour que les gens nous aiment, mais comme gestionnaire, je pense que c'est nécessaire.»
Il trouve d'ailleurs que les milliers de dollars versés en bonis à certains cadres, «c'est pas beaucoup».











