Labeaume plaide contre les référendums

Régis Labeaume... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Régis Labeaume

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Pierre-André Normandin

Pierre-André Normandin
Le Soleil

(Québec) Le maire Régis Labeaume tentera de convaincre ses collègues de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) réunis à Québec cette semaine d'endosser son combat pour faire abolir les référendums permettant aux résidants de bloquer des projets dans leur quartier. Pour lui, consulter les citoyens en amont suffit amplement.

M. Labeaume estime que ses citoyens ont davantage d'occasions que dans les autres villes de la province pour exprimer leur opinion face aux projets.

«À Québec, on est différents. [L'ancien maire] Jean-Paul L'Allier a inventé en quelque sorte la consultation publique. Il a créé les conseils de quartier. La consultation, c'est dans nos moeurs. On est en avance sur tout le monde grâce à Jean-Paul L'Allier. Ce qu'on dit, c'est qu'il est antidémocratique que quelques voisins puissent avoir un droit de vie et de mort sur un projet, alors que nous, on doit penser la ville pour tout le monde.»

Mais voilà, si la menace de tenir un référendum a été maintes fois brandie, les citoyens ont réussi à forcer la tenue d'un scrutin à seulement deux reprises depuis les fusions. Les deux fois dans le quartier Saint-Sacrement.

En juin 2004, 328 citoyens se rendaient aux urnes et rejetaient à 64,6 % le complexe de condominiums La Cour des braves du groupe Norplex sur les terrains de l'ancienne école Saints-Martyrs-Canadiens.

Puis en septembre 2007, les résidants du même quartier refusaient un agrandissement de la résidence pour personnes âgées La Champenoise qui souhaitait construire un nouveau bâtiment de sept étages. Le vote avait toutefois été serré, le Non l'emportant avec seulement 52 % des voix.

Quinze signatures

Même s'il suffit souvent de recueillir une quinzaine de signatures, les tentatives pour forcer la tenue d'un référendum ont plus souvent qu'autrement échoué. Ainsi en 2009, un comité de protection des arbres de Charlesbourg avait amassé suffisamment de signatures pour forcer un scrutin sur le projet résidentiel du Domaine de la rivière des Roches. Mais le promoteur avait réussi à convaincre quel-ques signataires de se retirer, leur faisant rater la cible de 15 demandeurs.

Le projet de la Cité verte dans Saint-Sacrement aurait vraisemblablement fait l'objet d'un référendum si le conseil municipal ne l'avait pas soustrait à l'été 2008 au processus en invoquant une disposition de la loi.

«Égoïsme de quartier»

Depuis cet épisode, le maire Labeaume tente de faire abolir les référendums à Québec. Il dénonce l'«égoïsme de quartier» pendant comme une épée de Damoclès au-dessus de plusieurs projets. Il cite en exemple la construction d'une résidence pour personne âgées à Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge, où les voisins s'insurgent contre le nombre d'étages projetés.

Pour assurer une bonne représentation des citoyens, celui-ci estime que sa ville aura toutefois à créer des conseils de quartier à la grandeur du territoire, ce qui n'est pas encore le cas. Un comité d'élus est à revoir ces organismes étant donné que certains districts électoraux peuvent en compter trois, tandis que d'autres aucun.

Une certaine adhésion

La résolution présentée mercredi après-midi au caucus des grandes villes devrait ensuite être présentée à l'assemblée générale de l'Union des municipalités du Québec. Déjà, la proposition semble susciter une certaine adhésion.

«L'intervention de M. Labeaume est un cri du coeur parce que oui, des choses devraient être éliminées», reconnaît Robert Coulombe, président de l'Union. Lui-même a dû abandonner un projet de résidence pour personnes âgées dans sa ville de Maniwaki devait l'opposition d'une poignée de voisins.

Satisfaite d'une simple enquête

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) se dit toujours satisfaite de la tenue d'une simple enquête policière sur l'industrie de la construction, estimant qu'une enquête publique mènerait inévitablement à un dérapage. «L'opération Marteau, on considère que c'est la base de ce qui doit être fait. Ce qu'on ne souhaite pas, c'est que ça devienne une foire, que toutes sortes d'allégations gratuites soient faites», dit son président Robert Coulombe. Jugeant prématurée la tenue d'une telle commission, le maire de Maniwaki estime qu'il sera toujours temps d'en déclencher une si les policiers ne crèvent pas l'abcès. «Si l'enquête [policière] frappe un mur, allons en enquête publique.» Celui-ci ajoute qu'une enquête policière risque d'aboutir plus rapidement qu'une publique. Si la commission Bastarache a vu le jour en quelques semaines à peine, une commission avec un mandat plus large pourrait prendre de six mois à un an avant d'être fonctionnelle, soutient M. Coulombe.

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