Tout comme Amman, en Jordanie, et Le Cap, en Afrique du Sud, Québec veut accueillir à l'été 2016 le Forum universel des cultures. Cet événement social et culturel, créé en 2004 en Espagne, réunit des milliers de participants internationaux pour débattre d'enjeux sur la paix et le développement durable en plus de participer à des échanges culturels et à des activités festives.
Amman a eu la chance de se faire valoir auprès du jury en mai. Dès ce soir et jusqu'à dimanche, trois des 24 membres du jury de la Fondation du Forum universel des cultures débarquent à Québec pour voir comment la ville pourrait livrer la marchandise.
Ces trois membres du conseil d'administration de la Fondation - Antoni Nicolau, un spécialiste du patrimoine ayant travaillé pour l'UNESCO, Joan Passolas, un expert du tourisme international, et Jordi Capdevila, consultant lors de missions de paix - seront accompagnés de la directrice générale de la Fondation Mireia Belil et de la directrice de projet Cristina Gaborro. Le comité de candidature de Québec leur a concocté un séjour qui se déroulera au pas de course, de 8h45 à 23h, avec des sujets qui se succèdent aux 15 minutes!
Pour montrer comment Québec sait organiser des grands événements culturels, les membres du jury feront la tournée des sites du Festival d'été avec son directeur général Daniel Gélinas et assisteront au spectacle d'ouverture qui réunira une pléiade d'artistes français et québécois. «On va leur montrer qu'on peut offrir à l'organisation du Forum, jusqu'ici plutôt hispanophone, l'occasion d'entrer dans un nouveau monde, la francophonie», souligne Denis Ricard, représentant du maire.
Les membres du jury iront voir les écoquartiers de la Cité Verte, D'Estimauville et de la Pointe-aux-Lièvres, symboles de ce que Québec veut faire pour le développement durable.
L'eau, thème de la candidature de Québec, sera aussi au coeur de la visite. «C'est important de leur montrer le fleuve, les cours d'eau et surtout tous nos projets pour améliorer la gestion de l'eau et devenir un modèle d'aquaresponsabilité», explique Julie Lemieux, conseillère municipale responsable du dossier du Forum.
Durant les trois jours, la délégation de Barcelone ira notamment voir l'îlot Fleuri où s'exécute le Cirque du Soleil, l'Espace 400e, les Plaines d'Abraham, le Domaine Maizerets et le parc des Moulins de Charlesbourg. Ils jetteront aussi un oeil au centre des congrès et à l'Université Laval, qui seraient les sites des «Dialogues», une grande série de colloques.
Et histoire de démontrer que les gouvernements fédéral et provincial appuient la candidature, le jury aura un déjeuner de travail avec le premier ministre Jean Charest et les ministres Sam Hamad et Christine St-Pierre, en plus de rencontrer la ministre fédérale Josée Verner.
Au total, les membres du jury croiseront 38 «leaders» de Québec, dont l'artiste Robert Lepage et le président du comité olympique canadien Marcel Aubut.
Les cinq membres de la Fondation logeront au Château Frontenac. À leurs frais, précisent aussitôt les organisateurs de Québec. «Ils veulent demeurer impartiaux», dit Marie Albertson, secrétaire exécutive pour le comité de candidature.
Car si leur visite peut s'apparenter à une mission des bonzes du CIO, «le but ce n'est pas de les acheter, mais de les charmer», insiste la conseillère Julie Lemieux.
Le jury du Forum participera à une conférence de presse vendredi aux côtés du maire Régis Labeaume. Il devrait faire connaître sa décision quelque part durant l'automne.
Québec a annoncé un budget de 100 millions $, soit autant que le budget des Fêtes du 400e pour organiser le Forum universel des cultures. Les gouvernements assumeraient 88 % de la facture.
Vivement septembre!
Le prochain moment crucial dans la sélection de la ville hôtesse sera le 14 septembre, lorsque les trois maires des villes candidates, Régis Labeaume (de Québec), Dan Plato (du Cap en Afrique du Sud) et Omar Maani (d'Amman) iront faire une présentation pour le jury aux bureaux de la Fondation, à Barcelone.
Gagnante ou pas, Québec participera au prochain Forum universel des cultures à Valparaiso au Chili, du 22 octobre au 4 décembre. «Ce serait très mal vu au niveau international de bouder et ensuite de prétendre à autre chose, comme les Jeux olympiques», indique Denis Ricard.



















