Depuis quelques semaines, des inspecteurs multiplient les avertissements à ceux qui osent poser des affiches mobiles - genre menu du jour - à l'entrée de leur établissement. Certains d'entre eux ont même reçu une contravention plutôt salée.
«Quand quelqu'un se fait écoeurer parce qu'il sort un tableau avec son menu du jour, moi, je décroche. Toutes les grandes villes du monde ont ça.» André Verreault, directeur de l'association de marchands Action promotion Grande Allée, ne décolère pas. Récemment, ses membres ont reçu un avertissement de retirer leur affiche mobile au risque de recevoir une contravention d'au moins 800 $.
Pour se conformer, ils doivent faire une demande de permis à la Ville. «Le ridicule de la patente, ce qui est choquant, c'est que les commerçants ont deux mois pour faire de l'argent. Ce n'est pas le temps, en plein milieu du Festival d'été, de les achaler avec des demandes de permis. Ils n'ont pas une heure et demie à perdre au bureau des permis.»
Ce qui surprend, ajoute Horst Gamper, propriétaire de la Casa Calzone, c'est que l'affiche mobile disposée sur sa terrasse n'est pas là depuis cette année. «Ça se fait depuis 50 ans en Europe. Sur certaines choses, on est en avance, et sur d'autres, on a du retard», déplore-t-il.
Sursis jusqu'au 26 juillet
Après négociations, M. Verreault a réussi à obtenir un sursis jusqu'au 26 juillet. À cette date, tous les restaurateurs concernés devront détenir le fameux permis les autorisant à inscrire leur menu sur une affiche mobile à l'entrée de leur terrasse.
Des commerçants de la rue Cartier sont tout aussi furieux de la situation. «J'ai eu des échos des avertissements et des amendes. Les gens sont pas mal fâchés. Beaucoup de commerçants sont mécontents. D'autant plus qu'il ne semble pas y avoir beaucoup d'ouverture de la Ville», raconte Nathalie Roy, présidente d'Espace Cartier, association des gens d'affaires de la rue Cartier. Elle sait qu'au moins un de ses membres a reçu une contravention. Mme Roy aimerait bien pouvoir discuter avec la Ville d'aménagements possibles.
Selon elle, les affiches mobiles sont un élément utile aux commerçants. «On va essayer de voir si on ne peut pas élargir ça un peu. Il faudrait faire un front commun avec les autres associations de marchands», propose-t-elle.
Les commerçants de la rue Saint-Jean ne sont pas en reste. Plusieurs membres de l'Association des gens d'affaires du Faubourg (AGAF) ont aussi été sermonnés tout comme d'autres situés sur la portion de rue intra-muros. La directrice de l'AGAF, Marie-Noëlle Laprise, croit elle aussi que les associations de marchands devront travailler ensemble pour convaincre la Ville d'assouplir sa réglementation.














