Le 15 juin, Élie Dédes envoyait une missive à l'administration municipale à la suite d'un avis d'infraction reçu le 7 juin concernant la présence d'affiches mobiles sur lesquelles il inscrit le menu du jour de ses restaurants de place Royale et de la rue Saint-Paul. À ce jour, la Ville est demeurée muette. «Comme citoyen et payeur de taxes, je trouve ça malpoli», lance-t-il. Au-delà de l'impolitesse, il trouve ça «fou» d'obliger les restaurateurs à enlever leurs affiches mobiles.
M. Dédes réagit ainsi à l'article publié mardi dans Le Soleil qui faisait état des nombreux avertissements donnés aux commerçants de la haute et de la basse ville les sommant de retirer les fameuses affiches. Faute de s'être conformés, plusieurs ont déjà reçu une contravention de plus de 800 $.
Dans sa lettre envoyée à la Ville, le représentant de l'Association des gens d'affaires de place Royale et du Vieux-Port se questionnait à savoir si l'administration municipale faisait preuve d'autant de rigueur à faire la chasse aux affiches mobiles des établissements autres que les restaurants. Des affiches qui, au regard de M. Dédes, ne sont pas toujours très esthétiques.
Réglementation claire
Un rapide passage du Soleil, mardi, sur la rue Saint-Paul, permettait de voir que les affiches mobiles sont légion. Par exemple, le gestionnaire de parcs autos Vinci n'hésite pas à poser sur la place publique - lire trottoir - un immense fanion bleu d'une dizaine de pieds. Tout près, les passants doivent contourner les tréteaux sur lesquels TELUS affiche ses spéciaux. Pourtant, la réglementation est claire : il est interdit de poser des affiches mobiles sur la place publique.
«S'ils sont pour interdire les affiches mobiles, qu'ils le fassent pour tout le monde», de dire le propriétaire.
Preuve à l'appui de ce deux poids, deux mesures, M. Dédes montre des clichés pris dans le secteur, dont un d'une affiche jaune pour le moins voyante placée devant le Centre d'interprétation de place Royale.
«Mon affiche mobile, elle est belle. Je pense que la Ville pourrait en venir à les accepter selon certaines conditions», propose-t-il. Comme d'autres interrogés par Le Soleil, il a l'impression de payer pour ceux qui enlaidissent la ville.
Déjà, deux commerçants rencontrés par Le Soleil lundi ont confirmé qu'ils contesteront la contravention salée de plus de 800 $ qu'ils ont reçue. Une situation qui n'inquiète pas M. Dédes. «Moi, je vais laisser mon affiche mobile. Et si j'ai une contravention, ça ne me dérange pas. Je vais la contester.»













