La facture sera partagée en trois : la municipalité, le gouvernement du Québec et celui du Canada investissent 6,3 millions $ chacun. Le quai Paquet, vaste terrain désaffecté à l'est de la gare fluviale, fera place à une grande promenade en bois donnant sur le fleuve Saint-Laurent. Bassins, fontaines et jets d'eau feront le lien avec la piste cyclable qui passe tout près.
L'esplanade qui se trouve entre le quai Paquet et la rue Saint-Laurent prendra plutôt des tons de vert. Gazonnée, elle permettra la tenue d'activités familiales et sportives. La gare fluviale sera retapée pour répondre aux normes de construction actuelles et avoir meilleure mine. Un pavillon d'accueil y sera aménagé pour la clientèle locale et touristique.
«On est en face d'un joyau du patrimoine mondial de l'UNESCO, pis on avait une cour de gravelle à offrir», a résumé le député fédéral de Lévis-Bellechasse, Steven Blaney, qui considère la traverse Québec-Lévis comme une porte d'entrée sur toute la Rive-Sud.
Semblable à Québec
Pour bien faire comprendre l'importance de la transformation, qui mijote depuis deux décennies, le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, a d'ailleurs fait le parallèle avec la promenade Samuel-De Champlain. Offerte à Québec pour son 400e anniversaire, elle fait courir les foules depuis.
Mais pour la mairesse Danielle Roy Marinelli, le cadeau se compare plutôt au Centre de congrès et d'expositions de Lévis, qui a favorisé le développement d'un secteur névralgique de la ville. Le député provincial de Lévis était on ne peut plus d'accord. «Avec l'annonce d'aujourd'hui, le secteur de la traverse va devenir la bougie d'allumage de la revitalisation de l'ensemble des secteurs traditionnels. [...] Si pendant 30 ans les gens ont eu le dos tourné au fleuve, on veut les ramener vers le fleuve», a insisté Gilles Lehouillier.
Celui-ci a trahi son passé de conseiller municipal en faisant l'historique de ce qu'il appelle «la bataille entre l'intérêt collectif et l'intérêt privé» qui a opposé la Ville de Lévis aux promoteurs immobiliers qui rêvaient de construire des habitations sur les rives du fleuve. Il était visiblement heureux, tout comme la mairesse, que l'intérêt collectif ait triomphé.
Ce qui ne veut pas dire que l'entreprise privée ne sera pas mise à contribution. Entre la rue Saint-Laurent et la falaise, des terrains à vocation touristique, commerciale et résidentielle sont prêts à accueillir de nouvelles constructions. Une trentaine d'immeubles pourraient ainsi voir le jour au cours des prochaines années, dont un hôtel.
«À partir du moment où la Ville a fait ses devoirs, que la Ville dit ce qu'elle va faire et ce qu'elle investit, comment ça va être, ça dit aussi aux promoteurs : "Si vous voulez venir, c'est selon ces conditions-là, c'est là que vous allez, c'est ça qu'on veut." C'est beaucoup plus facile», a fait valoir Mme Roy Marinelli, qui parlait elle aussi de «bougie d'allumage» et d'un «grand jour pour Lévis». C'était un grand jour pour elle aussi, puisque la mairesse attendait d'une minute à l'autre la confirmation de la naissance de son premier petit-enfant.
Les travaux de réaménagement du secteur de la traverse débuteront à l'automne 2011 pour se terminer à l'été 2012. Le résultat ne sera donc pas visible lors des grandes festivités prévues l'an prochain. Lévis célébrera en 2011 les 375 ans de la seigneurie de Lauzon, le 150e anniversaire de la fondation de Lévis et le 10e anniversaire de la nouvelle grande ville.
D'autres interventions, totalisant 30 millions $ supplémentaires, sont prévues à plus long terme non loin de la traverse. Le petit chantier A.C. Davie, situé à l'est du quai Paquet, doit encore être retapé. La rue Saint-Laurent est également due pour une réfection majeure. En attendant, des feux de circulation seront installés pour faciliter le passage des automobiles, qui sont de plus en plus nombreuses dans le secteur.











