C'est au retour des vacances passées en famille, jeudi, que les enfants du maire de Québec ont constaté les dommages causés aux véhicules garés dans l'entrée de la résidence familiale. Les vandales ont tracé des sillons avec un objet pointu, probablement des clés, en prenant bien soin de faire le tour de la carrosserie. Les lettres LAB, pour Labeaume, ont été gravées sur une des automobiles. On peut également décoder les lettres POU dans un graffiti rayé par son auteur.
Paul-Christian Nolin, l'attaché de presse du maire, confirme qu'une plainte a été immédiatement déposée à la police. Des agents ont été dépêchés à la résidence des Labeaume, tout comme le service d'identité judiciaire, dont la tâche est de trouver des indices sur la scène d'un crime. Traces de pas ou de véhicules, empreintes digitales, témoignages de voisins, bandes vidéo provenant de caméras de surveillance, toute piste intéressante sera étudiée.
Un groupe Facebook nommé «Je rêve secrètement de crever les pneus de char de Régis Labeaume», créé en 2009 et disparu lundi de la Toile, fera également l'objet de vérifications. Interrogé par Radio-Canada, l'initiateur s'est défendu d'avoir lancé un appel à la violence.
«À l'heure où on se parle, il est beaucoup trop tôt dans l'enquête pour savoir si les méfaits ont été commis directement envers M. Labeaume ou un membre de sa famille», a précisé lundi Sandra Dion, de la police de Québec.
Si les policiers ouvrent une enquête chaque fois qu'un citoyen dépose une plainte pour méfait, le temps et l'ardeur qu'ils y consacrent varient selon les circonstances. Une automobile écorchée dans un stationnement public ou une antenne cassée dans le Vieux-Québec sont ainsi jugées moins préoccupantes qu'un graffiti signé sur une propriété privée.
Dans le cas qui nous occupe, une attention particulière sera portée parce que trois véhicules ont été endommagés, que les vandales ont pénétré sur un terrain privé et que des inscriptions relient directement le crime à une personnalité publique, concède Mme Dion. «On va tenter de recueillir toutes les informations disponibles pour retracer le ou les suspects», dit-elle.
À l'été 2008, Régis Labeaume avait aussi été victime de vandalisme. Les pneus de son véhicule personnel avaient été crevés à deux reprises en l'espace de quelques semaines.
Le maire avait assuré ne pas être intimidé. «Ça ne m'atteint pas, ça a peut-être même l'effet contraire», avait-il laissé tomber lors d'une conférence de presse portant sur ce sujet. Sans accuser directement les syndicats de la Ville de Québec, avec qui ses relations sont tendues, M. Labeaume n'avait pas caché ses soupçons.
L'enquête, qui avait été confiée à la Sûreté du Québec (SQ) puisque les policiers municipaux faisaient eux-mêmes l'objet de soupçons, n'a jamais permis de démasquer les vandales. Les enquêteurs de la SQ avaient tout de même blanchi leurs collègues.
Les négociations entre la Ville de Québec et ses syndicats reprendront cet automne. Les demandes patronales - allongement de la semaine de travail, report de la retraite, augmentations salariales limitées - ont été déposées en juin et ont fait bondir les employés. «Je ne fais aucun lien de cause à effet entre les deux», a toutefois insisté l'attaché de presse du maire. M. Labeaume se trouve en France, où il a assisté à l'étape finale du Tour de France. Il sera de retour à l'hôtel de ville à la mi-août.
Comme il ne s'agit pas d'une voiture de fonction, ce sont les assurances personnelles des Labeaume qui paieront pour les réparations. Deux des voitures sont déjà chez le garagiste.











