Élie Dédes est tranchant. «Ce n'est ni plus ni moins qu'une mesure de représailles. Je commence à considérer que c'est du harcèlement.»
Dans la livraison du Soleil du mercredi 21 juillet, le restaurateur disait vouloir tenir tête à la Ville qui, depuis le début de l'été, multiplie les avertissements et distribue des contraventions de plus de 800 $ aux commerçants de la haute et de la basse ville, principalement pour des menus du jour mobiles placés sur la voie publique. Aussi, il critiquait ouvertement la politique d'affichage et se questionnait même sur l'équité de la Ville en matière de délivrance d'amendes.
Selon lui, l'administration municipale ferme tout simplement les yeux sur les affiches mobiles posées par les propriétaires d'établissements autres que les restaurants, même si ces dernières sont souvent, toujours selon M. Dédes, beaucoup moins esthétiques que celles des restaurateurs.
«À la suite de cet article, plusieurs clients me disaient que la Ville aurait bien d'autres choses à faire que d'embêter les commerçants», lance-t-il. Une opinion qui n'a pas été prise en compte par l'administration municipale.
En effet, le 22 juillet, soit le lendemain de la parution de l'article, M. Dédes recevait à 13h52 une première contravention de 855 $ pour une affiche mobile placée à son restaurant de place Royale. À 14h06, soit 12 minutes plus tard seulement, il en recevait une seconde du même montant pour l'affiche de son restaurant de la rue Saint-Paul. Les deux signées par la même personne.
«On s'entend que pour faire les deux endroits en 12 minutes, les autres commerçants sur ce parcours qui ont une affiche mobile - et il y en a - n'ont pas reçu de contravention. C'est sûr que je vais me défendre. J'ai déjà appelé un avocat et je serais curieux de savoir si cette journée-là d'autres commerçants ont reçu un P.-V. [procès-verbal].»
Cette donnée, la Ville ne pouvait la fournir, mardi. Toutefois, dans le cas de La Pizz, elle devait agir. «Du moment qu'on sait qu'une infraction est commise, on doit intervenir», explique le porte-parole François Moisan.
Le règlement est là pour être appliqué
Depuis le début de l'année, les inspecteurs ont remis 120 avis d'infraction et 15 constats. Le règlement est là pour être appliqué. «C'est important. C'est une question de sécurité et de convivialité pour les piétons, particulièrement dans les rues plus restreintes comme dans le Vieux-Québec. Le trottoir est un lieu public qui appartient à la Ville», poursuit le porte-parole.
De plus, souligne-t-il, les commerçants qui ont reçu un constat avaient déjà reçu un avertissement. «Ils devraient être heureux qu'on fonctionne ainsi», poursuit-il. M. Moisan conseille aux commerçants de porter plainte s'ils se sentent lésés parce qu'ils ont reçu une amende pendant que leur voisin continue de s'afficher.
«Nos inspecteurs ne peuvent pas donner des constats à tous de façon systématique. Ils ne font pas que ça. Ils doivent s'occuper de l'application du règlement d'urbanisme dans son ensemble», conclut-il pour expliquer que plusieurs commerçants posent toujours leur affiche mobile sur le trottoir.














