Projet de condos dans un cimetière de Sillery

Le boisé entourant le cimetière St. Patrick's contient... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le boisé entourant le cimetière St. Patrick's contient des arbres bicentenaires.

Le Soleil, Yan Doublet

Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) La Coalition pour l'arrondissement historique de Sillery (CAHS) et plusieurs résidants du secteur du cimetière St. Patrick's demandent à la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, de ne pas autoriser le projet de condos Woodfield-Sillery, de la firme Bilodeau Immobilier, qui prévoit utiliser deux hectares du cimetière.

La Ville de Québec a déjà délivré un permis de lotissement pour le cimetière, que la corporation qui en est propriétaire souhaite diviser afin d'en vendre une partie au promoteur immobilier. «La transaction n'est cependant pas terminée et aucun permis de construction n'a encore été émis; nous attendons l'aval du ministère de la Culture, qui est nécessaire, car il s'agit d'un arrondissement historique», explique la conseillère municipale de Saint-Louis-Sillery, Francine Lortie, ajoutant qu'il y avait «très peu de sépultures» dans le secteur visé.

Celle-ci a ajouté que la ministre avait le dossier entre les mains depuis déjà six mois; ce n'est qu'après avoir reçu l'autorisation ministérielle que la Ville pourra décider quel type de permis de construction accorder au promoteur. «Le zonage actuel permet 50 logements par hectare dans ce secteur, soit un maximum de 100 logements», précise Mme Lortie.

Pendant ce temps, le CAHS et les résidants des condominiums avoisinants s'inquiètent. La coalition a même profité de la fête de quartier de Sillery, samedi, pour distribuer des tracts invitant les résidants à téléphoner ou à écrire à la ministre St-Pierre.

«Nous craignons pour les arbres de 250 ans qui entourent le cimetière, mais aussi plusieurs résidants des condos sur l'avenue du Maire-Beaulieu s'inquiètent de perdre leur vue sur le cimetière et une partie de leur vue sur le fleuve si ce projet se réalise. On craint aussi une hausse de la circulation routière dans le secteur», explique Gaston Saint-Laurent, membre de la CAHS.

«Nous nous opposons au projet pour des raisons de préservation de l'arrondissement historique, des espaces verts et de qualité de vie. Nous aimerions que le décret de 1964 assurant la protection de l'arrondissement historique de Sillery soit respecté», poursuit-il.

Signé par la présidente Mary Shee, le tract du CAHS parle de l'importance de préserver pour les générations futures le paysage naturel, le boisé centenaire, les écrans végétaux et les grands espaces caractéristiques des premiers jardins urbains du Québec.

Un résidant de l'immeuble à condos Le Châtelain, Philippe Paré, abonde dans le même sens, accusant le ministère de la Culture de ne pas tenir compte du cadre de gestion adopté pour les grandes propriétés de l'arrondissement historique de Sillery. Ce document prévoit préserver les grandes parcelles de terrain, protéger les grands espaces, mettre en valeur la dominance des boisés et respecter la typologie architecturale.

«Dans son projet Woodfield-Sillery, Bilodeau Immobilier parle de condominiums sur la falaise de Sillery avec vue sur le fleuve. Comme ils ne peuvent construire à moins de 50 mètres de la falaise, nous avons peur qu'ils détruisent une bonne partie du boisé non seulement pour les immeubles, mais aussi justement pour donner cette vue sur le fleuve à leurs futurs clients», indique M. Paré, qui voudrait préserver cet îlot de verdure ceinturé d'espaces habités.


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