L'administration municipale suit avec attention une expérience menée depuis l'an dernier à Montréal pour rendre accessible une piste cyclable utilitaire même durant la saison froide. Directeur des transports de Québec, Marc Des Rivières confirme que tous les scénarios étudiés pour la piste cyclable en haute ville permettraient de maintenir une voie accessible aux vélos à longueur d'année.
«Est-ce que c'est possible de maintenir des voies de vélo en hiver dans un environnement comme Québec où les quantités de neige sont appréciables?» questionne M. Des Rivières. S'il n'a pas la réponse, il dit toutefois prendre l'idée au sérieux.
Un tel scénario imposerait toutefois de revoir la façon de déneiger les rues. «L'enjeu, c'est quand on va arriver aux intersections. On gratte bien René-Lévesque, mais quand on gratte la rue Cartier, par exemple, on vient ramener de la neige de façon perpendiculaire. Une voiture peut passer à travers, mais un vélo, c'est peut-être un peu difficile. Dans ce cas, il faudrait revoir nos méthodes de déneigement», expose le directeur des transports.
L'expérience menée à Montréal depuis un an permettra de déterminer si «le fond de neige, il reste présent tout l'hiver [sur la chaussée] ou si avec le soleil et les fondants on est capable de ramener ça au pavage».
L'ajout d'une piste sur René-Lévesque permettrait aussi de garantir la présence des voies réservées aux autobus en hiver. «Souvent, quand il y a des tempêtes, on perd notre voie réservée pendant deux ou trois jours. [Une piste cyclable] nous donnerait une largeur additionnelle qui va nous permettre d'entreposer la neige le temps qu'elle soit soufflée», ajoute M. Des Rivières. Un tel scénario rendrait toutefois la voie cyclable inutilisable pendant quelques jours après chaque tempête.
L'option Père-Marquette permettrait aussi d'avoir une voie cyclable à longueur d'année. «Je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas opérationnel. Il y a des gens [mardi soir] qui sont venus nous dire qu'ils passaient là l'hiver», souligne M. Des Rivières.
Traditionnellement, les pistes cyclables à Québec sont damées l'hiver venu pour permettre aux citoyens de pratiquer la raquette et le ski de fond ou sont simplement laissées ensevelies sous la neige en attendant le retour du printemps.
Étrangement, au moment où Québec étudie la possibilité d'avoir une piste à longueur d'année, le maire a tenté de calmer les inquiétudes des commerçants en disant justement, au contraire, qu'«on n'a pas dit qu'on l'ouvrirait 12 mois par année».
Excédé par la mésentente au sujet du projet dont il souhaitait faire le legs du 400e, Régis Labeaume a invité les gens de la haute ville à «s'entendre entre eux. S'il y a un dossier où je n'ai pas le goût de trancher, c'est celui-là. Il doit y avoir un mitoyen acceptable. C'est une proposition très audacieuse, on le sait. Mais c'est peut-être ça qui distingue notre ville. On a peur de quoi? Les marchands ont l'impression qu'ils vont faire faillite s'il y a une piste cyclable. Je trouve ça exagéré comme sentiment.»
Aux résidants qui craignent de voir la circulation envahir leurs rues, il a reconnu que «oui, une piste cyclable sur René-Lévesque aura des effets sur le trafic, mais on n'est pas Montréal non plus».
Au lendemain de la consultation publique sur ce volet spécifique du Plan de mobilité durable, il était impossible de déterminer si un tracé avait convaincu davantage que l'autre. Marc Des Rivières dit avoir dénombré davantage d'interventions en faveur d'un tracé sur René-Lévesque, mais deux seuls conseillers indépendants à l'hôtel de ville sont sortis de la rencontre convaincus que l'autre option avait été préférée.























