Le président du syndicat de la rédaction du Journal de Québec, Denis Bolduc, se croise les doigts et espère que Quebecor profitera de l'entente avec son quotidien de Montréal pour «assainir les relations de travail à Québec».
«On regarde la façon que la compagnie agit et on se demande qu'est-ce qui nous attend dans deux ans et demi. On va laisser le temps passer. Peut-être que ça va laisser place à des meilleures discussions?» s'est demandé M. Bolduc, inquiet.
Un membre de la rédaction du Journal, qui a voulu conserver l'anonymat, a accueilli le règlement de ses confrères montréalais avec la même vigilance. «C'est sûr que la défaite à Montréal va rejaillir sur toute la profession. Un Journal de Montréal faible, ce n'est pas bon pour personne, même pas [pour] le concurrent La Presse. Ça affaiblit le métier au complet», s'est désolé le journaliste.
De passage à Ottawa, Denis Bolduc a noté que le niveau record des griefs soulevés par son syndicat l'inquiète pour la suite des choses dans la capitale.
Devant la Commission de l'économie et du travail au début du mois, il avait lancé que les travailleurs du Journal de Québec se demandaient «si Quebecor ne prépare pas déjà un nouveau lock-out dans deux ans et demi».
Relations pénibles
«Ça a pris deux ans pour faire respecter le plancher d'emploi. Nos relations de travail sont pénibles. C'est un non-sens de devoir se battre sur un aspect aussi fondamental de la convention. Peut-être que ça prépare un autre conflit?» s'est-il interrogé à nouveau hier.
Le dossier des surplus actuariels, la mise en ligne du contenu du journal et le rayon de couverture de 30 kilomètres ne sont que quelques sujets épineux qui soulèvent les passions dans les locaux du quotidien québécois de Quebecor. «On est très près de la mauvaise foi», dénonce le président syndical.
«On se sent surveillés, on nous fait moins confiance», a observé un membre du syndicat de la rédaction, qui qualifie l'ambiance du Journal de «mauvaise».
Devant la crainte de la prochaine négociation de convention collective, un journaliste de la salle de rédaction du Journal de Québec s'est réjoui d'être défendu par le syndicat de la FTQ (SCFP) plutôt que par la Confédération des syndicats nationaux (CSN) comme ce fut le cas à Montréal.
«Ils ont utilisé un processus de négociation complètement pourri. Dès le départ, d'annoncer qu'ils étaient prêts pour la guerre et qu'ils pouvaient endurer pendant deux ans, ils avaient perdu tout rapport de force.»
Le journaliste a qualifié de «connerie» et dénoncé le passage des syndiqués au cimetière Notre-Dame-des-Neiges de Montréal, où ils avaient déposé une couronne de fleurs sur la tombe du défunt Pierre Péladeau où on pouvait lire : «Éclairez votre fils, car il détruit votre rêve.»





















