Ils se sont rencontrés à l'Université Laval, et se sont immédiatement liés d'amitié. Fous des sciences, en particulier pour l'optique-photonique, l'un se passionne pour l'éducation, l'autre adore la compétition. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour qu'Alexandre April et Karl-Alexandre Jahjah donnent naissance à la Coupe de science, saluée lors du 10e gala de Forces AVENIR, le 1er octobre.
Proposée aux élèves de cinquième secondaire de l'École secondaire de Rochebelle, la compétition comportait deux épreuves, chacune à compléter en trois heures. Avec les mêmes matériaux et les mêmes outils, les quatuors devaient faire preuve de créativité, de débrouillardise et maîtriser des concepts de physique de base pour réussir.
Outre l'objectif de stimuler l'intérêt des jeunes pour les études en sciences et génie, l'activité visait aussi à briser les préjugés souvent accolés aux métiers qui y sont liés. «Il faut travailler en équipe et user de créativité si on veut réussir dans ce domaine, explique Karl-Alexandre. Ce n'est pas un milieu aride ou solitaire, comme plusieurs le croient.»
Dans leur cagibi, jouets et décorations colorées mettent à jour ce côté ludique qui les habite. Ce qui contraste avec l'austérité du pavillon qui les accueille sur le campus de l'Université Laval. «Il faut avoir du plaisir en travaillant !», se défendent-ils en riant.
Pour l'amour des sciences
Il importe aussi d'être un bon communicateur. «En science, ce n'est pas tout d'avoir de bonnes idées, il faut aussi savoir les transmettre», plaide Alexandre.
Une qualité manifeste chez les deux jeunes scientifiques. Les yeux brillants et la parole facile, ils expliquent avec fluidité les concepts explorés par les adolescents. Des principes de laser, aux calculs de stabilité, les instigateurs de la Coupe de science en ont long à raconter sur les épreuves qu'ils ont imposées aux 16 équipes.
«L'important, c'était qu'ils expérimentent eux-mêmes les théories apprises en classe et surtout qu'ils y trouvent leurs propres pistes de solution. C'est ça qui est valorisant», relate Karl-Alexandre, qui a lui-même pris goût aux sciences en participant à des compétitions.
Pour son confrère, c'est son premier cours de physique, en quatrième secondaire qui lui a donné la piqûre. «J'ai compris que ça me permettait de comprendre le monde dans lequel je vivais.» Une passion qu'il aimerait bien transmettre.
Éducation et vulgarisation
Avec un certificat en enseignement en poche et un doctorat en cours, il espère s'investir dans la vulgarisation de principes scientifiques et enseigner dans un cégep. Également au doctorat, Karl-Alexandre entrevoit plutôt une carrière dans la recherche. Peut-être deviendra-t-il un jour professeur à l'université, espère-t-il humblement.
Leurs modèles, leurs inspirations ne viennent pas de loin. D'emblée, Alexandre nomme son père. Professeur de sciences à Laval, il était très apprécié de ses étudiants, dit-il. Un respect qu'il renvoie à ses propres tuteurs. «Michel Picher, mon directeur de thèse, est un scientifique qui a une approche très terre à terre et à la fois très originale», ajoute-t-il.
Quant à son comparse, c'est Jean-Marie De Koninck du département de mathématiques qui retient son admiration. «Il a d'ailleurs accepté de parrainer la Coupe de science», conclut celui qui s'inspire aussi des écrits du physicien américain Richard Feynman.











