Cyril Simard: ­favoriser la souveraineté économique des artisans

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Cyril Simard: ­favoriser la souveraineté économique des artisans

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Derrière, sur le mur de M. Simard, des paysages de Charlevoix en catalogne, une oeuvre de sa mère Adrienne, qui a fait cela dans le garage familial il y a a plus de 40 ans.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

 

Josée Guimond
Le Soleil

(Québec) Lauréat : Cyril Simard
Occasion : finaliste au Prix rayonnement hors-Québec 2008 de la Chambre de commerce de Québec

Il était une fois un petit gars de Baie-Saint-Paul, Cyril Simard, qui voit le jour à l'aube de la deuxième Grande Guerre. Dès son jeune âge, «petit Cyril» baigne dans l'art et la culture. Il côtoie Mgr Félix-Antoine Savard, Gabrielle Roy, le peintre René Richard et... sa mère Adrienne, qui tisse des catalognes. Devenu grand, Cyril Simard a fait du développement intelligent des arts traditionnels l'oeuvre d'une vie. Voilà qui susciterait sûrement l'admiration de ses maîtres à penser.Cette oeuvre, c'est la Société internationale du réseau ÉCONOMUSÉE (SIRÉ), créée en 1992, qui regroupe 33 entreprises d'artisans en métiers d'art et agroalimentaires dans treize régions du Québec, ainsi que 17 dans les provinces atlantiques. La SIRÉ, dont le siège social est à Québec, a pour mission de conserver, de développer et de mettre en valeur les métiers et les savoir-faire traditionnels. En résumé, une espèce de Chambre de commerce pour les artisans. Cyril Simard approuve l'analogie! Générant un chiffre d'affaires de 33 millions $, les entreprises du réseau ont attiré l'an dernier plus de 750 000 visiteurs.

« On est la boîte de transmission des connaissances, de la fierté de notre patrimoine, les promoteurs de l'identité régionale à travers les métiers et le savoir-faire traditionnel, explique M. Simard. Des Musée de la civilisation sur le terrain!» Passionné est un terme presque trop faible pour qualifier Cyril Simard. Un artiste, lui aussi, et un visionnaire. «Un artiste-entrepreneur qui sait compter,» précise-t-il en riant. Une de ses dernières publications porte d'ailleurs le sous-titre Anthologie en faveur d'un patrimoine qui gagne sa vie. C'est tout dire.

En parcourant le cheminement de M. Simard, on se demande comment il a pu faire tout ça en une seule vie! Architecte, il fait sa maîtrise en design, spécialisée en artisanat. Puis, son doctorat en ethnologie, qui est littéralement le concept des économusées. Il publie aussi Artisanat québécois en quatre volumes, le premier grand inventaire des métiers d'art d'ici, une oeuvre de référence.

Professionnellement, il a été, entre autres, directeur des arts visuels au ministère de la Culture et président de la Commission des biens culturels du Québec. Il fut également le premier titulaire de la Chaire UNESCO en patrimoine culturel de l'Université Laval. Il a aussi fait de la télévision avec Nicole Germain, a été professeur, bref, de quoi remplir trois vies! Il est récipiendaire de nombreux prix, dont le Prix du Québec Gérard-Morisset en patrimoine culturel et il est officier de l'Ordre national du Québec.

Cyril Simard est aussi le président de la Papeterie Saint-Gilles, fondée par Mgr Félix-Antoine Savard, à Saint-Joseph-de-la-Rive. En 1985, au décès de ce dernier, il prend la relève et la papeterie deviendra le prototype et le premier économusée du réseau actuel. Un retour aux sources pour développer le futur. Parlant de développer, une entente a été signée avec cinq pays d'Europe du Nord pour l'implantation de 13 économusées, soit la Norvège, l'Islande, l'Irlande du Nord, la République d'Irlande et les îles Féroé (territoire autonome du Danemark). Un autre concept québécois qui s'exporte. C'est ce qui le place finaliste au Prix rayonnement hors-Québec 2008 de la Chambre de commerce de Québec, attribué en avril prochain.

Malgré les prix et les reconnaissances de ses pairs, Cyril Simard demeure avant tout profondément attaché aux créateurs-artisans et place leurs réalisations parmi les plus grandes oeuvres. «Le coeur et les mains des artisans sont l'âme de la société. Il y a autant d'amour dans une catalogne... que dans la Joconde.»

Cha­que se­mai­ne, un ju­ry for­mé de re­pré­sen­tants des ré­dac­tions du So­leil, de la ra­dio et de la té­lé­vi­sion de Ra­dio-Cana­da à Qué­bec nom­me un lau­réat ­afin de sou­li­gner une ré­ali­sa­tion ex­cep­tion­nel­le ou une contri­bu­tion si­gni­fi­ca­ti­ve à la vie ou au rayon­ne­ment de Qué­bec. Ren­con­trez le lau­réat de la se­mai­ne ­dans Le So­leil le lundi, à la ra­dio de Radio-Ca­na­da à l'émission Première heure où l'entrevue a lieu à 8h40 et, le lundi, à la télévision dans le té­lé­jour­nal de fin ­d'après-mi­di. ­Vous connais­sez une per­son­ne qui mé­ri­te­rait ­d'être nom­mée lau­réat ? Écri­vez-­nous à redaction@leso­leil.com.

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