Louis Tanguay: président de LTI Informatique et génie

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Louis Tanguay: président de LTI Informatique et génie

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Pour Louis Tanguay, l'informatique et la musique sont très semblables. Beaucoup à cause des règles à respecter qu'on ne peut transgresser, mais en les appliquant, on peut être très créatif, soutient-il.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

 

Pierre Asselin
Le Soleil

(Québec) Lauréat : Louis Tanguay
Occasion : LTI a remporté le prix Entreprise de l'année, dans la catégorie Petite entreprise, lors du dernier Gala des Fidéides.

Après ses études, Louis Tanguay a dû se résigner à mettre de côté une passion, la musique, pour se lancer en affaires. Une décision qu'il n'a jamais regrettée, parce que LTI Informatique et génie va plus vite et plus loin qu'il l'avait imaginé au départ, voilà maintenant 10 ans.

En plus du titre d'entreprise de l'année (catégorie Petite entreprise), LTI a remporté le Prix du mérite commercial Desjardins au mois de janvier. Louis Tanguay nous a accordé une entrevue quel­ques heures à peine avant de prendre l'avion pour deux semaines de vacances bien méritées au Mexique. Au passage, il demande à rendre hommage à une cousine : Barbara Genest, directrice de l'organisme Québec'ERE, qui vient tout juste, comme lui, d'être choisie lauréate de la semaine par Le Soleil et Radio-Canada.

Lorsqu'il est sorti de l'université en 1992, après un bac en informatique de génie, Louis Tanguay ne se voyait pas encore comme l'entrepreneur qu'il est devenu. Il avait autre chose en tête à l'époque.

«J'ai fait de la musique pendant quelques années, raconte-t-il, mais c'était plus ou moins payant...»

C'est en 1999 qu'il fonde sa compagnie, qui ne comptait qu'un seul employé. «C'était moi, au départ, et ça s'appelait Louis Tanguay Informatique. Au début, j'espérais décrocher assez de contrats pour moi-même. C'était l'époque du bogue de l'an 2000, et le marché était bon, je me suis dit : ?Ça devrait bien aller pour au moins deux ou trois ans.? Mais après seulement quelques mois, j'étais débordé de travail. De fil en aiguille, j'ai engagé finissant après finissant à Laval et Sherbrooke, entre autres, et j'ai eu la chance de tomber sur des gens extrêmement compétents avec qui on a bâti une solide équipe.»

Les nouveaux employés aimaient l'ambiance de travail et passaient le mot à leurs amis. «On a presque vidé un laboratoire de Laval comme ça. Plus récemment on a engagé un finissant au doctorat en physique, il a refilé le mot à un autre, puis à un autre encore et aujourd'hui on se retrouve avec trois finissants au doctorat dans la compagnie.»

C'est d'ailleurs l'aspect de sa réussite dont il est le plus fier. Quand il pense à l'avenir de son entreprise, ce n'est pas en termes de millions de dollars qu'il parle, mais en termes d'emplois. «À long terme, si je peux continuer à recruter des finissants dans la région sans qu'ils aient besoin de s'expatrier, je vais pouvoir dire mission accomplie.»

Et c'est la même préoccupation qui l'habite face aux difficultés de l'économie. «Cette année mon objectif était simplement de garder tout mon personnel!»

Après cinq années fastes, à un rythme annuel de croissance moyen de 38 %, il se préparait à un recul. «Mais honnêtement, je vois malgré tout qu'on se dirige vers une croissance de 10 à 20 %.»

Informatique et science

L'entreprise de Louis Tanguay met l'informatique au service des scien­ces, principalement dans le domai­ne militaire. Elle offre des ser­vices de consultation pour concevoir des outils logiciels qui mettent en application des principes de physique, d'ingénierie. «À la base on est des informaticiens, et au début nos clients devaient nous prendre par la main afin de nous expliquer quels étaient leurs besoins. Depuis, il s'est greffé des gens en génie et en physique et les clients peuvent nous laisser beaucoup plus de latitude.»

LTI crée des modélisations et des simulations. «Dans les Maritimes, on vient de faire un contrat pour modéliser des grues, et nos physiciens s'assurent que nos modèles correspondent à la réalité.»

Pour la mission en Afghanistan, on réalise des simulations beaucoup plus complexes. Dans le cas d'une attaque au missile, il faut un mo­dèle informatique qui reproduit les caractéristiques d'un vrai missi­le, comme la tête chercheuse, le sen­seur infrarouge, le mode de propulsion.

On doit aussi simuler des missions, comme un peloton canadien qui traverse un village afghan. On imagine facilement à quel point ces modèles deviennent complexes dès qu'on incorpore le facteur humain.

Louis Tanguay veut se diversifier en dehors du militaire et s'ouvrir à d'au­tres PME. «On est sur le point de signer des ententes. Il y a des jou­eurs d'excellent niveau dans la région, et il peut y avoir des atomes crochus...»

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