Étienne Légaré: de néophyte à professionnel en six ans

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Étienne Légaré: de néophyte à professionnel en six ans

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Plaqueur défensif, Étienne Légaré est un ancien joueur de basketball et un nouveau venu dans le monde du football. Ce qui ne l'a pas empêché d'atteindre le niveau professionnel en seulement six ans.

Le Soleil, Patrice Laroche

Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) Lauréat : Étienne Légaré
Occasion : Il a été choisi par les Argonauts de Toronto au premier tour du repêchage de la Ligue canadienne de football.

Le parcours d'Étienne Paradis, choix de première ronde des Argonauts de Toronto au dernier repêchage de la Ligue canadienne de football (LCF), est plus qu'impressionnant : non seulement le plaqueur défensif du Rouge et Or de l'Université Laval n'avait jamais pratiqué ce sport il y a six ans, mais il ne le suivait même pas à la télé!

«Mes deux frères aînés jouaient au hockey, mais moi, mon sport, c'était le basketball. Le football, j'ai découvert ça sur le tard. Même au secondaire, je n'ai jamais beaucoup suivi ça», avoue bien candidement l'athlète originaire de Saint-Raymond de Portneuf qui est également un adepte de la planche à neige.

Même lorsqu'il s'est inscrit au Cégep de Trois-Rivières pour étudier en techniques de génie électrique en 2001, il ne lui avait jamais traversé l'esprit d'offrir ses services à l'équipe collégiale AA des Diablos malgré son gros gabarit.

«À ma troisième année, en 2003, j'avais quelques joueurs de football dans un de mes cours et ils m'ont suggéré à plusieurs reprises d'aller m'entraîner avec eux. J'ai finalement laissé mon numéro de téléphone à l'entraîneur Martin Croteau, il m'a appelé et je suis resté avec l'équipe toute l'année. J'ai ensuite fait une demi-session de plus afin de jouer une deuxième saison», explique-t-il.

Deux Bols d'or

On peut dire qu'Étienne est arrivé au bon endroit au bon moment, puisqu'il a remporté deux Bols d'or avec les Diablos, celui de 2003 contre les Vulkins de Victoriaville et celui de 2004 face aux Géants de Saint-Jean-sur-Richelieu. Malgré les championnats, ses années collégiales n'ont pas été de tout repos.

«Heureusement que les coachs ont voulu mettre du temps sur moi! Je suis sorti de mes premières pratiques avec des blessures, car je ne savais pas comment me placer et me protéger. J'ai tout de même appris les positions assez rapidement, car j'écoutais beaucoup. Je n'avais pas le choix, il fallait que je rattrape le retard que j'avais par rapport aux autres, qui jouaient depuis bien plus longtemps!» poursuit-il.

Ses années de basketball lui ont donné un coup de main à ce niveau. «Je compensais plusieurs lacunes grâce à un bon jeu de pieds, quelque chose qui est essentiel au football et au basketball.»

Approché par plusieurs universités, c'était cependant à Laval qu'il souhaitait poursuivre son aventure. Heureusement pour lui, il avait attiré l'attention de l'entraîneur Glen Constatin, qui l'a amené avec le Rouge et Or en 2005.

«On a perdu en demi-finale de la Coupe Vanier en 2005, on a gagné en 2006 pour ensuite perdre de nouveau en demi-finale en 2007 et gagner en 2008.  J'étais réserviste lors de la première conquête, alors j'avoue que, pour moi, la deuxième avait un meilleur goût, car j'avais davantage l'impression d'y avoir participé», confie-t-il.

Celui qui n'avait auparavant jamais pensé faire carrière dans les rangs professionnels a commencé à envisager cette possibilité cette année. «Avant ça, j'étais occupé à faire ma place, mais cette année, tout a déboulé. J'ai été le deuxième joueur sélectionné au repêchage il y a deux semaines et, dans deux semaines, je serai au camp des recrues des Argos!»

Une fois à Toronto, il a l'intention d'appliquer la même recette qui l'a si bien servi depuis sa première expérience au ballon ovale. «Mon but est de rester avec les Argonauts à ma première année et je ne m'attends pas à avoir de passe-droit parce que j'ai été un choix de première ronde. Pour y arriver, je vais encore devoir travailler très fort, car l'expérience, ça ne s'achète pas», conclut-il.

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