«Les immigrants veulent apprendre le français et sont prêts à faire les efforts nécessaires pour y arriver. Ceux que je connais le parlent souvent mieux que bien des Québécois.»
À 22 ans, Adinson Brown prend visiblement autant de plaisir à manier les mots que les chiffres. Ce crack des mathématiques (il a obtenu des notes de 100 % dans certains cours au Collège F.-X.-Garneau) est aussi, malgré son jeune âge, un conférencier remarqué auprès des immigrants à qui il donne des «conseils et des outils» pour qu'ils puissent mieux s'intégrer à leur société d'accueil.
Alors que le débat sur les accommodements raisonnables revient sur le tapis, que certains souhaitent un moratoire sur l'immigration ou l'imposition du cégep en français aux immigrants, Adinson est convaincu que les nouveaux arrivants sont désireux de trouver leur place ici. Toutefois, l'apprentissage de la langue n'est pas suffisant. Trop nombreux sont ceux qui n'arrivent pas à tisser un véritable réseau social ou à dénicher un emploi à leur mesure. C'est sur ce plan qu'il y a du travail à faire. «Ce que je trouve dommage, c'est que certains se découragent, quand après avoir appris la langue, ils restent isolés chez eux», dit celui qui a aussi participé à l'élaboration de programmes de francisation destinés aux nouveaux arrivants.
Né à Boca Chica en République dominicaine, l'étudiant en troisième année de médecine à l'Université de Sherbrooke est la preuve qu'il est possible de se tailler une place de choix au Québec en tant qu'immigrant. Récemment, le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles le nommait modèle sans frontières. Un honneur qui lui fait chaud au coeur. «C'est très valorisant parce qu'on ne mesure pas toujours l'impact de nos gestes.» En 2008, il avait reçu le titre de personnalité de la nouvelle génération à l'occasion des célébrations du 400e.
Sable et neige
Contrairement à d'autres, Adinson Brown dit ne s'être jamais vraiment senti étranger ici. Il faut dire qu'étant né d'un père québécois et d'une mère dominicaine, il avait dès le départ un pied dans le sable et l'autre dans la neige. Ce n'est qu'à l'âge de quatre ans qu'il s'installera pour de bon à Québec. «Au primaire, on me demandait pourquoi il n'y avait pas de neige en République dominicaine et pourquoi je mangeais des bananes plantains!»
Il dit regretter que l'immigration soit parfois perçue comme une menace plutôt que comme une richesse. «À Montréal, on est beaucoup plus habitué aux autres cultures, mais quand je reviens à Québec, on voit qu'il y a toujours une petite réticence.»
Celui qui lorgne la cardiologie se verrait bien partir avec un organisme comme Médecins du monde pratiquer son art là où les besoins sont criants. «Peut-être en Afrique pour aller pratiquer des chirurgies qui ne sont pas disponibles là-bas.»
Et puis qui sait, peut-être se laissera-t-il un jour tenter par les sirènes de la politique, à l'image d'Yves Bolduc et d'Amir Khadir. «Il y a de plus en plus de médecins. Ils m'ont ouvert la porte!»










