Déjà 25 ans que Linda Marquis est entraîneure-chef de l'équipe féminine de basket-ball du Rouge et Or de l'Université Laval. C'est principalement pour cette raison qu'elle a été choisie lauréate de la semaine, mais aussi pour quelques marques personnelles.
Au cours des dernières semaines, elle a remporté sa 250e victoire en saison régulière et sa 450e en tenant compte des tournois, des parties hors concours et des éliminatoires.
Elle est fière de ces résultats, mais ce qui la réjouit davantage, ce sont les nombreuses participations de son équipe aux séries éliminatoires du circuit universitaire et sa participation aux Jeux olympiques de Sidney, où elle a été entraîneure adjointe de l'équipe canadienne. Au cours des 10 dernières années, le Rouge et Or a pris part au championnat canadien à sept reprises. «Ce sont des souvenirs que je n'oublierai jamais», a-t-elle confié au cours d'un entretien cette semaine.
Durant sa carrière, Linda Marquis a connu aussi son lot de difficultés. «Le plus difficile a été de me battre pour faire reconnaître le métier d'entraîneur. Les gens ont souvent une perception erronée du travail que l'on fait et que tout est beau. Au début, il était difficile de gagner sa vie comme entraîneur. Il fallait avoir la passion», a-t-elle dit.
C'est cette passion pour le basket-ball, le métier d'entraîneur et l'enseignement qui la motive à rester. «Il faut s'oublier pour être entraîneur. C'est sept jours sur sept. Tant que j'aurai la passion et la santé, je vais continuer», a-t-elle affirmé.
Mais pour elle, il y a encore plus. «La vraie raison, c'est d'être là pour aider les jeunes. C'est à mon tour à redonner aux jeunes ce que j'ai reçu», a-t-elle poursuivi.
En plus de son job d'entraîneure, Linda Marquis est chargée de cours à l'Université Laval. Elle montre aux étudiants en éducation physique comment enseigner le basket-ball.
Elle ne voit pas son rôle limité à enseigner les techniques du jeu et à diriger une équipe de basket-ball. «On a des responsabilités envers les jeunes. Il y en a qui se confient à nous. Ils nous disent des choses qu'ils ne diraient pas à leurs proches, à leurs parents», a-t-elle raconté.
Linda Marquis n'est pas de celles ou de ceux qui recherchent la victoire à tout prix au risque même d'humilier des joueurs. «Quand je me présente, c'est pour gagner, mais pas au détriment des personnes ou par tricherie», a soutenu celle qui se présente comme une enseignante dans l'âme.
Elle déplore les raccourcis que peuvent prendre certains entraîneurs dans son sport et dans bien d'autres pour gagner coûte que coûte. «Il faut mettre l'emphase sur le développement d'entraîneurs dans tous les sports en insistant sur l'éthique, la communication, le leadership», a-t-elle suggéré.
Aujourd'hui, Linda Marquis est la seule femme entraîneure-chef d'une équipe du Rouge et Or. «C'est une vie de fou. Ce n'est pas tout le monde qui est prêt à faire ça de nos jours. Le fait qu'il n'y ait pas beaucoup de femmes tient pour beaucoup aux responsabilités familiales», a-t-elle avancé. Elle ne se plaint pas pour autant. Elle estime plutôt être privilégiée de faire un travail qu'elle aime.
Elle se demande si un changement dans les politiques des universités n'est pas aussi en cause. «Avant, à potentiel égal, les universités engageaient un entraîneur féminin. Est-ce que ça tient encore? Je ne sais pas. Avant, c'était important pour les universités. De toute façon, il va falloir penser à la relève pour les entraîneurs», a-t-elle souligné.












