Christianne Garant: bientôt aux côtés des plus grands

Christianne Garant croit qu'après 15 ans, Myco Anna... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Christianne Garant croit qu'après 15 ans, Myco Anna est mûre pour un virage.

Le Soleil, Erick Labbé

 

Pierre Asselin
Le Soleil

(Québec) Lauréate : Christianne Garant, Occasion : Nommée Jeune Personnalité d'affaires - Arts, culture et création, de la Jeune Chambre de commercre de Québec.

S'il y a une chose que Christianne Garant ne traîne pas dans ses valises, c'est un complexe. Après avoir amené les ventes de la griffe Myco Anna à près de 2 millions $, elle s'offre un changement de cap pour le 15e anniversaire de sa compagnie, qu'elle veut voir à côté des plus grands noms. Christianne Garant vient d'être nommée Jeune Personnalité d'affaires de 2009, dans le secteur Arts, culture et création, par la Jeune Chambre de commerce de Québec. Elle semble marier avec succès le monde de la mode et des affaires. Et pour elle, l'un ne va pas sans l'autre.

«J'aime la vente, dit-elle, mais avant tout, j'aime la mode! C'est un domaine où je m'épanouis. Dans l'entreprise, j'assume la direction du design. On vient me voir pour valider les choix de couleurs, de tissus. C'est ce qui me fait le plus de bien, ça me nourrit. Je ne me serais jamais lancée en affaires dans un autre domaine que la mode.»

Elle a eu la piqûre des affaires par ses parents, qui ont créé leur propre entreprise, mais la piqûre de la mode, ça vient d'elle.

«À l'université, j'ai fait mon cours de droit, mais je me sentais à l'étroit. Je me présentais aux entrevues avec des tailleurs aux couleurs vives... J'avais l'impression d'aller en contresens et au bout de quatre ans, j'ai fait le saut, en commençant par un cours en commercialisation de la mode.»

C'est en travaillant dans une boutique de l'avenue Cartier qu'elle est tombée amoureuse des vêtements produits par Myco Anna.

«Je faisais des travaux à l'école sur Myco Anna. Ça me ressemblait tellement que si j'avais eu assez d'argent, je n'aurais porté que ça...» En 2000, elle se joint à l'équipe de Marie-Chantal Le Breton, qui avait créé la marque en 1995. En peu de temps elle devient son associée et, en 2003, Christianne Garant prend les rênes de l'entreprise en rachetant les parts de Mme Le Breton. «On n'allait pas dans la même direction. Marie-Chantal voulait un rythme de vie plus paisible et moi, j'avais envie de faire connaître Myco Anna au monde entier et j'avais l'énergie pour relever ce défi», explique-t-elle.

Virage

Les ventes de l'entreprise, qui approchaient les 100 000 $ alors, sont aujourd'hui de près de 2 millions $. Tout porte à croire que Christianne Garant a trouvé une formule gagnante et qu'elle n'a qu'à continuer dans cette voie. Cependant...

«J'ai entrepris un changement stratégique majeur ces derniers mois. On était rendu avec 90 distributeurs au Canada et en Europe, mais après une analyse de notre rentabilité, je me suis rendu compte que cette formule n'était plus à notre avantage.»

«Il y a de plus en plus de compagnies dans notre marché, et leurs vêtements se retrouvent avec les nôtres dans les mêmes boutiques. Je me suis dit : "OK, on a 15 ans, c'est le temps de rafraîchir notre image!"»

C'est un virage important dans l'histoire de la compagnie. Au lieu de vendre ses vêtements par un réseau de clients-distributeurs, Myco Anna va développer son propre réseau de boutiques, en commençant par le boulevard Laurier.

«Je n'ai pas eu le temps de rédiger mon plan d'affaires encore, mais je sais une chose : il nous faut une nouvelle boutique à Québec, et rapidement. Je suis en négociation avec Place de la Cité et Place Ste-Foy pour l'ouverture d'une nouvelle boutique début mai.»

Il y a déjà une autre boutique à Montréal, et Mme Garant en prévoit une deuxième à court terme. Quant à la boutique-atelier de la rue Saint-Vallier, elle conserve sa vocation.

Ce virage a toutefois représenté un grand sacrifice pour la présidente de Myco Anna, qui doit se retirer temporairement de l'Europe. «Faire une croix sur l'Europe, c'est ce qui m'a fait le plus hésiter. L'Europe, c'était pour moi une grande fierté, la reconnaissance. J'y suis allée pour avoir un avantage face à la concurrence, et là je dois reculer... Je sais que c'est temporaire, mais il ne faudra pas perdre trop de temps pour nous repositionner.»

Et la jeune femme d'affaires a une idée très claire de la direction qu'elle entend suivre.

«Mon entreprise, je l'ai dans la peau et je sens la direction dans laquelle je veux qu'elle se dirige. J'ai toujours eu le désir de passer à l'international, de présenter mes vêtements à côté des plus grands. Je veux que mon nom soit reconnu mondialement, au même titre que Christian Dior. C'est l'ambition finale de ma carrière. Myco Anna est une maison de mode qui va perdurer comme Dior, comme Chanel, avec plein de designers qui vont évoluer au sein de l'entreprise. Il y a tellement de choses qu'on peut faire...»

publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer