Donald Gingras et le Patro Laval: marqué pour la vie

Donald Gingras a passé 25 ans de sa... (Le Soleil, Jocelyn Bernier)

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Donald Gingras a passé 25 ans de sa vie dans les patros. Aujourd'hui, il dirige le Patro Laval, qui fête ses 100 ans de fondation.

Le Soleil, Jocelyn Bernier

Yves Therrien
Le Soleil

(Québec) Lauréats : Donald Gingras et le Patro Laval, Occasion : centenaire de la fondation du Patro Laval

Les patros sont des milieux de vie où les adolescents tissent des liens d'amitié, développent des aptitudes, prennent des responsabilités. Ils y trouvent un bagage pour le reste de leur vie. Ça marque l'adolescence. Et ça reste pour la vie.

Donald Gingras en sait quelque chose, lui qui, à 43 ans, a passé 25 ans de sa vie dans les patros et est aujourd'hui directeur général du Patro Laval, qui souligne ses 100 ans, rue Bigaouette, dans le quartier Saint-Sauveur.

Et il peut parler avec passion de la vie dans les patros une journée entière sans reprendre son souffle. La semaine dernière, c'était la grande fête du centenaire au Patro, et il donne pour preuve que les liens sont toujours aussi forts chez les anciens par les conversations entendues. «Les discussions reprennent là où elles s'étaient arrêtées il y a 10, 15 ou 20 ans, comme si elles ne s'étaient jamais arrêtées, affirme-t-il. Et les gens ne reconnaissent pas le professionnel dans tel domaine ou la femme d'affaires dans tel secteur, mais c'est l'ado du patro, même à 70 ans, qui revoit son chum du patro.»

Et il y avait la gang de la Clique Alouette, le plus gros corps de tambours et clairons de Québec dans les années 50 et 60 à Québec au dire des anciens membres. «Ils se racontaient le voyage à Toronto en 1964 avec tous les détails de la journée. C'était comme si j'avais été là», ajoute M. Gingras.

Baigné dans le milieu familial par des parents qui prenaient soin des autres, M. Gingras a retrouvé dans le patro une façon de faire qu'il connaissait bien. «On accueille les jeunes au Patro, non des problèmes, poursuit-il. Ils viennent ici parce que c'est un lieu de confiance. Par les liens d'amitié, dans les activités et par les petites responsabilités qu'on leur confie, ils apprennent à se prendre en main.» Et quand un ado veut parler, il trouve une oreille attentive.

Parc Héritage 2010

Parce que le Patro reçoit beaucoup du milieu, la direction et les bénévoles ont choisi l'occasion du 100e anniversaire pour faire un cadeau au quartier en aménageant la cour arrière en parc multifonction intergénérationnel ouvert à tous. Depuis deux ans, il y a la patinoire permanente. D'ici septembre, on aménagera une agora pour les rassemblements et des spectacles, des jeux d'eau, une aire d'activités, un petit terrain de basketball et du gazon, ce qui n'a jamais poussé dans la cour du patro.

Le parc Héritage 2010, explique Donald Gingras, c'est en même temps un cadeau de la communauté au Patro et aussi une marque visible du Patro dans ce quartier où il a tissé des liens avec les jeunes familles, les ados et les personnes âgées. «Le parc sera un outil pour continuer d'entretenir les liens pour fêter 125 ou 150 ans dans Saint-Sauveur,» espère-t-il.

Deux hommes l'ont marqué dans sa vie dans les patros. Le frère Lucien Paquet pendant qu'il était directeur de l'animation au Patro de Charlesbourg de 1991 à 2001. Le frère Paquet avait le don de donner une chance de plus aux ados en leur trouvant une responsabilité, si petite soit-elle, mais qui leur donnerait le sentiment d'être une part importante dans la vie du patro.

L'autre mentor, c'est le père André Bonneau, qui était dg lorsque Donald Gingras était moniteur dans les années 80. Lorsque M. Gingras est devenu directeur général du Patro Laval, il l'a présenté ainsi : «C'est quasiment mon fils et il reprend l'entreprise familiale.» C'est la plus belle marque de confiance qu'on pouvait me faire, avoue M. Gingras.

La plus belle gang de rue

Et il ne peut pas être plus heureux que directeur général du patro de son enfance qui fête son centenaire. «J'ai la chance de voir de beaux jeunes grandir en se prenant en main. Avec une cinquantaine de moniteurs de 14 à 19 ans, je suis fier d'être à la tête de la plus belle gang de rue de Québec!» conclut-il.

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