«La Fédération québécoise des municipalités demande de reconduire le programme d'aide financière. Notre position est de laisser le libre choix aux MRC pour élire ou non leur préfet au suffrage universel. Il n'y a pas de consensus pour le suffrage universel partout. Certaines MRC pourraient hésiter à le faire sans aide, ce qui peut être vu comme une dépense, pour d'autres comme un investissement», dit Serge Fortin, préfet élu au suffrage universel au Témiscouata et vice-président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM).
L'Est du Québec compte quatre des huit préfets qui, sur 86 MRC au Québec, ont été au suffrage universel : Jean-Guy Charest (Kamouraska), Serge Fortin (Témiscouata), André Leblond (Les Basques) et Majella Emond (Haute-Gaspésie). Le taux de participation au vote n'avait guère dépassé les 29 %.
Au cabinet de Nathalie Normandeau, ministre des Affaires municipales et des Régions, il n'est pas question de prolonger le programme d'aide financière. Une modification législative à venir pourrait toutefois autoriser les MRC qui le désirent à revenir à la nomination du préfet par ses pairs.
Centre-ville dominant
Les élections généralisées des préfets au suffrage universel serait un moyen de mettre fin au système qui, pour certaines MRC, fait en sorte qu'une ville-centre dominante par sa population comme Rimouski dans la MRC Rimouski-Neigette (43 000 habitants sur 54 000) exerce un vote déterminant dans le choix du préfet.
Par ailleurs, le Québec se retrouvera, avec l'élection des présidents des commissions scolaires au suffrage universel, avec un système de légitimité à plusieurs vitesses à l'échelle locale et régionale entre des préfets nommés par le conseil des maires, d'autres (minoritaires) élus au suffrage universel.
«Je ne vois pas comment, pour être efficace, il est possible d'être en même temps maire, préfet, en plus de gagner sa vie. Je ne revivrais pas ce que j'étais vécu comme préfet élu par le conseil des maires. Je ferais une dépression à la longue. J'étais rendu à la limite des efforts quand il a été question d'élire le préfet au suffrage universel», se rappelle Majella Emond, préfet de la Haute-Gaspésie.
«C'est vrai que le préfet a un poids politique différent avec le suffrage universel. J'ai eu des témoignages comme celui du maire de la municipalité de Saint-Guy qui me disait qu'il ne m'aurait pas demandé de l'accompagner pour ses dossiers si j'avais été seulement coopté», exprime André Leblond, préfet des Basques qui se retire de la politique en novembre 2009.
Pour pouvoir élire un préfet au suffrage universel en novembre 2009, le conseil des maires d'une MRC doit adopter un règlement dans ce sens le 1er mai précédant l'élection.










