Le 19 mars, le pompier Sylvain Harbour a inscrit un droit de refus de travailler. Il signifiait à son employeur, la Ville de Rivière-du-Loup, qu'il refuserait désormais de quitter la caserne en cas d'incendie s'il n'y avait pas un nombre total de quatre sapeurs à le faire. Actuellement, Rivière-du-Loup n'en exige au départ que deux en soirée et de nuit. En cas d'alarme, les sapeurs manquants, sur appel, se rendent à la caserne et vont ensuite rejoindre leurs confrères sur les lieux du sinistre.«Au moment de la plainte, nous avions deux pompiers de garde à la caserne 24 heures par jour. Nous avons émis une modification, grâce à laquelle il y a maintenant quatre pompiers à la caserne de jour, et deux en soirée ou la nuit», explique le maire, Michel Morin, ajoutant que cette nouvelle directive a été entérinée à deux reprises, par la CSST et un comité de révision, mais refusée par le syndicat des pompiers.
Le sapeur à l'origine de la plainte se basait sur la norme NFPA 1500, relative au programme de Santé et sécurité du travail dans les services d'incendie, qui situe clairement à quatre le nombre minimal de pompiers nécessaires pour effectuer une intervention.
Différence
«Il y a une différence entre partir de la caserne à quatre et combattre l'incendie à quatre. C'est ce que nous alléguons et c'est pourquoi nous portons la cause devant la Commission des lésions professionnelles», poursuit M. Morin, qui n'est toutefois pas en désaccord avec le principe.
«Il est clair que nous désirons éventuellement nous rendre à quatre pompiers de garde en tout temps à la caserne, puisque le délai d'intervention en serait amélioré. Mais il faut le faire progressivement. Si nous devenons obligés du jour au lendemain de partir de la caserne à quatre pompiers, il en coûterait 300 000 $ de plus aux contribuables. Nous amassons lentement cet argent, mais ne l'avions pas au moment de la plainte, pas plus que maintenant.»
Rivière-du-Loup soutient respecter la norme. La cause sera entendue en 2009 et aura des incidences sur l'ensemble des corps de pompiers au Québec. D'ailleurs, les élus ont adressé une demande d'aide financière à l'Union des municipalités du Québec. «Nous somÂmes un cas type. La décision touchera tout le monde», conclut le maire.
La brigade incendie de Rivière-du-Loup compte 48 pompiers, répartis en quatre escouades de 12, qui se répartissent la garde à temps partiel.
















