La soldate Karine Blais rêvait de s'acheter une maison

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La soldate Karine Blais rêvait de s\'acheter une maison

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Le grand-oncle de Karine, Aurélien Ouellet, en présence de Louisette Dugas, de Reine-Aimée Imbeault et de l'agente du comptoir Sears, Carmen Verreault, qui lui ont offert leurs condoléances.

Collaboration spéciale Romain Pelletier

 

Carl Thériault, collaboration spéciale
Le Soleil

(Les Méchins) Les citoyens des Méchins en Gaspésie sont en deuil en raison de la mort de la soldate Karine Blais.

«Dire qu'elle y était seulement depuis le 1er avril. Elle voulait gagner de l'argent pour s'acheter une maison. Elle avait vraiment le goût d'aller en Afghanistan. Sa mort, ce n'est pas facile pour ses parents. Les représentants des Forces armées se sont d'abord rendus communiquer la terrible nouvelle à la mère de Karine, Josée Simard, puis à sa grand-mère, soit chez ma soeur Aurélie Ouellet Blais, 76 ans.»

Celui qui parle ainsi, c'est Aurélien Ouellet, 73 ans, grand-oncle de Karine, ébranlé par cette mort soudaine.

Même voile de tristesse au dépanneur du village de 1200 personnes où travaillait Karine avant d'entreprendre une carrière militaire. Au Dépanneur Central, qui vient de fermer ses portes, les propriétaires Jean Létourneau et Guylaine Bouchard gardent un excellent souvenir de Karine. Elle a travaillé pour eux pendant deux ans comme commis-caissière, cinq soirs par semaine. «Elle était vaillante et ne prenait jamais de vacances. Son rêve, c'était de rentrer dans l'armée aussitôt ses 18 ans, conduire des véhicules.»

Selon une employée, Maryse Fournier, «Karine était sportive, dynamique et aimait relever des défis. Tout ce qui était dangereux l'attirait. Pratiquement rien ne lui faisait peur. Elle se sentait à sa place dans les Forces armées. Elle était tellement déterminée. Mourir pour son pays en Afghanistan était sans doute son destin. C'est un drame qui touche toute la communauté.»

Bon souvenir

Au comptoir Sears de la municipalité, tous s'accordaient mardi pour déplorer la perte de Karine et à en faire l'éloge. En commençant par l'agente de la compagnie, Carmen Verreault. «Karine, c'était une fille qui parlait à tout le monde et était gentille. Elle avait toujours un mot à dire à chacun et à chacune. J'en conserve un bon souvenir. Elle n'avait pas peur de la mort. Son heure était sans doute arrivée.»

La municipalité des Méchins a mis ses drapeaux en berne, alors que la municipalité a retiré les siens comme marque du deuil collectif. «Tout le monde se connaît à Les Méchins. C'était ce matin [lundi] le sujet de discussion quand je suis entré au travail. Je sais qu'elle était une jeune qui avait beaucoup d'avenir et qui voulait avoir beaucoup d'avenir. Elle agissait en fonction de ça. Elle m'avait déjà dit qu'elle voulait aller dans l'armée quand j'allais m'acheter un paquet de cigarettes. C'était dans son énergie je pense bien», a rappelé le maire Donald Grenier.

«Je crois qu'à part les deux Grandes Guerres, c'est le premier soldat à mourir dans la municipalité. Je vais attendre que les choses décantent avant de contacter la famille. Je ne veux bousculer personne. On a enlevé nos drapeaux à la municipalité», a ajouté M. Grenier. La cavalière Blais n'était pas mariée. Elle laisse dans le deuil son père, Gino, sa mère, Josée, sa grand-mère, Laurette, et son frère, Billy.

«Karine était une fille accueillante, une fonceuse avec beaucoup de volonté et de caractère, a décrit le curé Jacques-Daniel Boucher. La famille était craintive quand ils ont appris que leur fille s'en allait en Afghanistan. C'est une nouvelle qui me fait mal pour cette jeune femme qui commençait à vivre. C'est très difficile pour la grand-mère, ses parents et la famille.»

Une motion

Le député de Matane à l'Assemblée nationale, Pascal Bérubé, a offert ses condoléances à la famille, rendant hommage à Karine Blais pour «son sens du devoir en oeuvrant auprès d'une population qui vit dans la terreur depuis trop longtemps. Un triste sort aura voulu que cette femme paie de sa vie sa volonté d'offrir une meilleure vie aux femmes afghanes. C'est avec tristesse que j'ai appris le sacrifice d'un deuxième militaire originaire de la région de Matane, après Jérémie Ouellet, décédé en mars 2008».

Le député déposera mardi à la reprise des travaux une motion en hommage en Karine Blais.

Avec la collaboration d'André Bécu

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