«Mon grand-père a d'abord été maître électricien. Il a travaillé à la Shawinigan, du temps de l'électrification rurale. L'anecdote qui pour moi campe le mieux sa personnalité et sa témérité, c'est lorsqu'il racontait que, faute de filage de cuivre, il a pris le train pour aller en chercher aux États-Unis. Approvisionnement qui a répondu aux besoins des Beaucerons, et suppléé à un manque dans plusieurs régions du Québec. Voilà de quelle trempe il était», dit son petit-fils Jérôme en parlant de son grand-père décédé cette semaine à Saint-Georges.
L'entrepreneur adore brasser des affaires. Il est, tour à tour, président de Clear Lake Lumber, de B.F. Lumber (meubles), de G.H. Équipements (hôtellerie) et de Moto Jet ltée. Sa femme, Paula Labbé, qui gère le magasin de meubles et d'appareils domestiques attenant à la maison familiale, lui donne sept enfants : Richard, Claude, Marie, Michel, Julie, Patricia et Gérard fils.
«À l'époque, après que Saint-Georges ait refusé de se commettre dans l'implantation d'une usine d'acier, le maire Gendreau offre à Gilberte Lacroix et à Roger Dutil le terrain et les installations pour démarrer ?leur petite entreprise? : Canam Steel devient Canam Manac puis Groupe Canam. Que de répercussions, d'impact en matière d'emploi et de développement pour Saint-Gédéon», se souvient l'ex-député et ami Gilles Bernier. «Son fils Michel, qui dirige Garaga, a de qui tenir le sens inné des affaires!»
Tournant «santé»
Travailleur acharné résolu à aller au bout de ses convictions, M. Gendreau fonde et dirige à Saint-Georges, dès 1963, le premier foyer pour personnes âgées. En raison de la lourdeur de la clientèle, l'établissement de 117 lits devient le Centre hospitalier L'Assomption. Les personnes plus autonomes sont transférées dans l'immeuble voisin, au Foyer Saint-Louis.
«Infatigable, il inaugure à 76 ans, en 2001, le CHSLD Chanoine-Audet à Saint-Romuald», se rappelle l'ex-député Bernier.
En 2003, le Conseil économique de Beauce lui décerne le prix Jean-Denis-Poulin pour l'ensemble de son oeuvre.
«Sans le crier sur les toits, il a aidé beaucoup de gens. C'était un gars de valeurs et de parole : proche et soucieux de sa famille, ouvert et généreux, avec un bon sens de l'humour. Maniaque de politique, il a été mon organisateur», poursuit son candidat conservateur préféré. «La probité était une de ses grandes qualités. La parole de Gérard Gendreau suffisait. Quand il disait ?ça va marcher?, ça marchait! Pas besoin de signer un contrat.»
Dans le milieu de la santé, on se souvient d'un homme dont l'engagement était inconditionnel et qui, sans relâche ni sous aucun prétexte n'a jamais refusé d'ouvrir les bras pour accueillir les plus démunis de la vie.
«C'est vrai, dit Alain, un ex-employé. Pour lui, il devait toujours y avoir une place et des soins de qualité pour chaque personne âgée malade.»
Il fut aussi un temps, le printemps venu, où avec amour, dévouement et fierté, Gérard Gendreau cultivait des fleurs dans la serre bâtie sur sa terre natale pour garnir les boîtes des balcons et enjoliver la vie des patients du Centre hospitalier L'Assomption.










