«S'il y a aujourd'hui une préoccupation des régions, de la ruralité, d'une certaine autonomie locale, cela part des Opérations Dignité, qui ont eu une importance proprement nationale. C'est un chapitre important non seulement pour Esprit-Saint, mais de l'histoire de la société québécoise», a déclaré Jacques Parizeau, invité d'honneur à Esprit-Saint lors de l'inauguration du Centre d'interprétation des Opérations Dignité et du Centre d'archives et de recherche sur la ruralité Gilles-Roy. Devant 200 personnes réunies dans la petite église d'Esprit-Saint (400 habitants) dans le haut-pays de Rimouski, il a prononcé un discours dont la résonance ressemblait à une sorte de mea-culpa de la grande technocratie québécoise.
Le 22 septembre 1970, les Opérations Dignité naissaient alors que 3000 personnes se rassemblaient dans l'église de Sainte-Paule-de-Matane, puis 2000 personnes dans l'église d'Esprit-Saint, en août 1971, lors de la création d'Opération Dignité II où Jacques Parizeau était présent pour y prononcer un discours contre la politique unilatérale de fermeture de 81 villages décrétée par le gouvernement du Québec. Dix municipalités ont quand même été rayées de la carte avant que le mouvement de révolte ne porte ses fruits.
Une victoire contre l'État devenu «une grosse machine, parfois écrasantes pour les considérations locales et l'aménagement du territoire. J'ai bien connu cet esprit de l'époque parce que j'étais en plein dedans. Mais on se demande aujourd'hui comment on a pu être à ce point insensible à ce qui se passait dans ces petites sociétés rurales. Cette politique de centralisation s'explique par l'esprit de l'époque. C'est ce qui fait apparaître les Opérations Dignité, qui étaient quelque chose de révolutionnaire sans passer à deux doigts de l'être vraiment», a rappelé l'ex-haut fonctionnaires sous les gouvernements de Jean Lesage, de Daniel Johnson et de Jean-Jacques Bertrand, heureux de retrouver à Esprit-Saint la même vitalité qu'il y a 40 ans au lieu d'un climat de nostalgie.










