Armes à feu: une clé contre le suicide

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Armes à feu: une clé contre le suicide

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Pour augmenter son utilisation, le verrou d'arme est vendu au prix coûtant de 5 $.

Photo collaboration spéciale, Carl Thériault

 

Carl Thériault, collaboration spéciale
Le Soleil

(Rimouski) Le succès entraîne le succès. Après la récupération de près de 750 armes à feu depuis 2006, le Bas-Saint-Laurent lance une grande campagne d'installation de verrous de pontet (ou de sécurité) sur les armes à feu afin de prévenir les suicides.

Déjà, près de 500 verrous ont été vendus alors que la campagne ne fait que débuter. Le verrou de pontet, disponible au coût de 5 $ dans les municipalités bas-laurentiennes,  sert à cadenasser la gâchette d'une arme à feu.

«Il faut partir d'une vision globale des problèmes pour faire de la prévention contre le suicide avec des éléments comme les traitements, le désistement des armes à feu, les verrous de pontet, le réseau de sentinelles», a dit Jean-François Dorval, médecin-conseil à l'agence régionale de la santé.

La présence d'une arme à feu dans une maison multiplie par cinq le risque de suicide, particulièrement élevé chez  les hommes.

«C'est la seule région au Québec où l'accessibilité est la plus grande pour les verrous, et ce, dans toutes les 120 municipalités. Le verrou est vendu au prix coûtant, soit 5 $ au lieu de 15 $», a expliqué François Gamache du Centre de prévention du suicide et d'intervention de crise du Bas-Saint-Laurent.

Initiative saluée

Les élus municipaux présents à la conférence de presse de l'agence régionale hier ont salué cette initiative. Le représentant de Rimouski, Rodrigue Joncas, avocat de profession, a proposé que les verrous soient rendus disponibles dans le réseau judiciaire.

«J'ai connu des situations où avec des verrous de pontet, il n'y aurait pas eu de geste criminel avec des armes à feu. Dans le milieu où je travaille, ce sont des personnes qui ne vont pas dans les bureaux municipaux. Il faudrait s'interroger sur la possibilité d'étendre le réseau en plus de celui des municipalités.»

La mairesse d'Esprit-Saint, Marlène Dubé, croit que de se retrouver face à une arme verrouillée découragera des gestes malheureux et empêchera des accidents lors de manipulations d'armes à feu, surtout en temps de chasse.

Il y a, en moyenne par année, une cinquantaine de suicides au Bas-Saint-Laurent qui compte 200 000 habitants. Il y a eu 22 suicides par armes à feu en 2003, 12 en 2006, neuf en 2007 et six jusqu'à maintenant en 2009, ce qui laisse entrevoir une tendance à la baisse.

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