Haute-Gaspésie: pas d'essence à cause d'un maire défait!

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Johanne Fournier, collaboration spéciale
Le Soleil

(Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine) Dur lendemain d'élections municipales à Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine, en Haute-Gaspésie : parce que ses concitoyens n'ont pas reconduit son frère à la mairie pour un autre mandat, l'homme d'affaires et garagiste George Patterson a fait ce qu'il avait promis en cours de campagne et il a fermé le robinet de sa station d'essence, la seule de la localité.

Ainsi, il est donc impossible depuis quelques jours pour les 383 habitants du village de trouver de l'essence dans un rayon de 70 km. «On peut aller à Grande-Vallée, qui est à 25 km, mais il y a des côtes épouvantables», indique la directrice générale de la municipalité, Carole Giroux. «Moi, je préfère aller à Mont-Louis, qui est à 35 km.»

«Pendant la campagne, j'ai averti le monde que si mon frère n'était pas réélu, je fermerais mes pompes», affirme haut et fort George Patterson, qui a repris le garage de son père depuis presque 30 ans. «C'est aussi une forme de protestation pour aussi dire au gouvernement que ce n'est pas rentable de vendre de l'essence.»

Lutte de pouvoir

Le maire James Patterson, en poste depuis 18 ans, a été défait dimanche soir par l'un de ses conseillers, Joël Côté. Ce dernier a obtenu 159 des 305 votes. Le candidat sortant en a obtenu 130. Le troisième candidat en lice, Marion Boucher, n'a récolté que 16 voix. Le taux de participation au scrutin a atteint 83,4 %.

Selon la directrice générale de la municipalité, Carole Giroux, les tensions sont vives au sein du conseil entre MM. Patterson et Côté depuis plus de deux ans. «Ça brasse à cause d'une guerre de pouvoir», raconte-t-elle. Elle espère que le garagiste Patterson parviendra à «se défâcher» et peut-être qu'il reviendra sur sa décision.

«On a de la misère avec une gang qui ne comprend rien, continue le garagiste protestataire. Quand on se chicane comme ça, il n'y a rien qui avance. Pourtant, les trois à quatre prochaines années seront déterminantes pour la municipalité, notamment à cause de la mine d'alumine et du développement éolien.»

George Patterson ne sait pas combien de temps il poursuivra son moyen de pression. Entre-temps, il continue à offrir ses services de mécanique et de débosselage. Ses pompes, pourtant pleines, demeurent fermées. «Les gens chialent parce que je ne vends plus de gaz, soutient-il. Pourtant, quand vient le temps d'aller acheter des pneus ou faire faire un changement d'huile, ils vont à Grande-Vallée ou Sainte-Anne-des-Monts!»

Avec la collaboration d'André Bécu

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