À la direction régionale des Affaires municipales, ni le directeur, Michel Gionest, ni le conseiller aux opérations municipales, Raynald Méthot, n'étaient surpris de la situation qui prévaut à Sainte-Madeleine. «Des gens de cette municipalité sont déjà venus nous rencontrer pour nous dire que ça n'allait pas bien, raconte M. Gionest. Jocelyn Boucher a porté à notre attention des cas de criminalité. Mais le ministère est intervenu en ce qui concerne l'application du Code municipal seulement. On n'est pas là pour faire appliquer le Code criminel.»
Depuis deux ans, M. Méthot affirme que son ministère a été très souvent interpellé par des élus de Sainte-Madeleine. Même qu'à une certaine époque, ils ont eu des conversations téléphoniques quotidiennes. «Tant que la démocratie s'applique, on ne peut pas s'ingérer dans l'administration de la Ville. On ne peut qu'orienter et donner des conseils, explique le directeur régional. On s'est bien vite aperçu qu'il y avait beaucoup de frustration basée sur des conflits de personnalité. Mais on n'est pas des psychologues!»
«Sans importance»
Le député Pascal Bérubé n'est pas surpris, mais n'accorde aucune importance aux rumeurs. Il invite les gens qui sont au courant d'affaires possiblement criminelles à porter plainte à la police. «Si le maire et la population me demandent d'intervenir, je vais le faire», précise-t-il. Pour l'instant, M. Bérubé ne prévoit pas interroger le ministre de la Sécurité publique sur cette affaire.
Pour sa part, le cabinet du ministre Jacques Dupuis a informé Le Soleil qu'il ne commenterait pas cette situation. Mais il invite les citoyens qui détiennent de l'information à communiquer avec la Sûreté du Québec.
Pour l'instant, l'agent Claude Ross de la SQ a affirmé qu'aucune enquête n'a été menée par la police et qu'aucun problème provenant de Sainte-Madeleine n'a déjà été porté à son attention. «Aucun dossier n'est ouvert par rapport à cette municipalité», indique-t-il.
Pendant ce temps, une bonne partie de la population de Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine vit dans un «climat de terreur». C'est du moins ce qu'a laissé entendre au Soleil le nouveau maire de cette municipalité, Joël Côté.
Par conséquent, certains, comme lui, ont décidé de parler dans le but, selon eux, de rétablir l'ordre et la démocratie au sein de cette localité de 380 habitants qui était, jusqu'à tout récemment, dirigée par un conseil municipal complètement divisé avec, à sa tête, le maire James Patterson, en poste depuis 18 ans.
Le maire nouvellement élu Joël Côté, le nouveau conseiller Carol Bond et le conseiller défait Jocelyn Boucher ont décidé de briser le silence, cette forme d'omertà tout à fait palpable par quiconque questionne un peu les citoyens de la place. Le premier parle de «terreur et dictature», le deuxième de «crime organisé et corruption», tandis que le troisième fait état de «magouille et petite mafia» au sein de la municipalité.






















