Les maires et les ex-maires contactés sont plutôt partagés sur la nécessité d'une commission d'enquête sur les tractations entre les milieux politiques municipaux et ceux de la construction, d'après un sondage effectué par Le Soleil.
À Rivière-du-Loup, le maire Michel Morin a contacté la Sûreté du Québec pour une affaire d'enveloppe brune contenant cinq billets de 100 $, survenue en 2007.
«Ça ne m'est jamais arrivé d'avoir une enveloppe. Je ne pourrais pas vous dire s'il a pu y avoir une collusion quelconque en 12 ans de mairie», affirme Ghislain Levesque, maire de Sept-Îles jusqu'au élections de novembre, et qui préfère attendre le résultat des enquêtes criminelles en cours avant de se prononcer sur l'opportunité d'une commission enquête.
Le maire de Rimouski, Éric Forest, ne s'est jamais fait offrir d'enveloppe brune. «Et je fais de la politique municipale depuis 20 ans comme conseiller et maire. Il faudrait nous sécuriser sur l'octroi des contrats de biens et de services, s'il y a des carences. Si on n'atteint pas des résultats avec les enquêtes policières, il faut une commission d'enquête qui devrait porter en amont des procédures d'octroi de contrat quand on parle de collusion entre entrepreneurs.»
Baie-Comeau
«Heureusement qu'il n'y a pas eu d'enveloppe brune, parce que le lien d'affaires se serait brisé rapidement. Jamais une conversation n'est allée dans ce sens-là avec une firme professionnelle ou une compagnie du secteur de la construction», soutient Ivo Di Piazza, maire de Baie-Comeau pendant sept ans.
L'ex-maire suggère une «bonne» réflexion suivie de la mise en oeuvre d'actions concrètes «pour dissiper le climat de suspicion qui entoure actuellement le milieu politique municipal. Il ne faut pas quelque chose qui s'éternise».
Dans Charlevoix, l'ex-maire de La Malbaie, Jean-Luc Simard, et le maire réélu de Baie-Saint-Paul, Jean Fortin, assurent qu'on ne leur a jamais proposé «des enveloppes brunes avec de l'argent».
«Ce n'est jamais arrivé. Ce que je trouve grave, c'est la collusion entre les entrepreneurs. C'est difficile de le prouver, mais on est pas mal sûr que ça se fait ici comme ailleurs», dit M. Simard.
«Il n'y a jamais eu d'entrepreneurs qui m'ont offert de l'argent», jure Jean Fortin. Ce dernier rappelle que ça demeure «la responsabilité de l'élu et du fonctionnaire de ne pas embarquer dans ça». L'enquête policière en cours est, selon lui, un pas dans la bonne direction et il invite ses homologues à dénoncer les pratiques fallacieuses.
Le maire de Gaspé, François Roussy, n'a pas reçu non plus d'enveloppes obscures.
«Une enquête ferait la lumière sur l'ensemble de la situation qui n'est pas une pratique généralisée dans le milieu municipal. Il nous faut des propositions efficaces qui vont mettre fin à la collusion.»











