L'Auberge Arnold change de vocation

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Lauréat 2009 des Grands Prix du tourisme québécois,... (Collaboration spéciale Luce Dallaire)

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Lauréat 2009 des Grands Prix du tourisme québécois, Neil Mathieu attribue à son personnel le succès de son auberge.

Collaboration spéciale Luce Dallaire

 

Luce Dallaire, collaboration spéciale
Le Soleil

(Saint-Georges) Hier, à minuit, l'Auberge Benedict Arnold a tourné une page de son histoire. L'heure, porteuse d'avenir prometteur pour le prestigieux établissement avec le projet de l'École d'entrepreneurship, était toutefois nostalgique.

«L'Auberge Arnold ne sera jamais plus ce qu'elle a été, dit l'hôtelier Neil Mathieu. Nous avons accueilli ici plusieurs Beaucerons, ainsi que des personnalités du monde politique, économique, communautaire, artistique et tant de familles. Que de mariages et d'événements festifs... C'était "la place" à Saint-Georges!»

Des politiciens tels Trudeau, Jacques Parizeau, René Lévesque, Robert Bourassa, Lucien Bouchard, Jeanne Sauvé et Brian Mulroney, notamment, ont goûté à l'hospitalité des «jarrets noirs» en s'arrêtant à l'Arnold.

Des vedettes, dont Johnny Halliday, Richard Séguin, Jean Lapointe, Dominique Michel, Marjo, Claude Dubois, Patrick Normand, Lise Dion et les comédiens de Broue, ont profité d'une ambiance conviviale et d'une excellente table.

Place aux décideurs

«Pendant 60 ans, le Benedict Arnold a été un endroit prisé. C'est ici que ça se passait, poursuit l'aubergiste. Au nombre des habitués : M. Scott, de la John Breakey, Édouard Lacroix, Ludger Dionne, Roger Dutil. Sont nés ici : le Conseil économique de Beauce, les clubs sociaux Rotary, Richelieu, Lions, Optimistes, sans oublier la Chambre de commerce.»

Florian Pomerleau a lancé l'Arnold Lodge. Puis, les propriétaires jusqu'en 1992, Gisèle et Marc Lapierre, ont développé dans cet «amour d'auberge» un service hors pair qui a valu à l'Arnold sa notoriété. Cette solide réputation, Neil Mathieu et sa femme, Julie Bélanger, jusqu'au décès accidentel de celle-ci en 1995, l'ont préservée. À preuve, le cumul de maintes distinctions.

Une équipe exceptionnelle

«Si l'Arnold est réputé, ajoute le lauréat 2009 des Grands Prix du tourisme québécois, c'est grâce au personnel.» Le livre Si l'Arnold m'était conté témoigne de cette reconnaissance que porte Mathieu à chaque membre de l'équipe.

À l'heure des adieux, alors que 350 personnes ont participé hier au brunch dominical, l'homme de 60 ans éprouve des sentiments ambivalents.

«Je serai soulagé des problèmes quotidiens de l'auberge, dit-il, mais la nostalgie est là. Les clients trouvent ça dur. Il faut garder le moral des troupes jusqu'à la fin. Mais c'est un deuil.»

Bureaux de la compagnie Breakey au début du siècle, auberge depuis 1948, les installations de l'Arnold deviendront à l'automne 2010 les assises de l'École d'entrepreneurship en Beauce.

«L'idée de Marc Dutil et de ses acolytes de former des entrepreneurs est fantastique, conclu Neil Mathieu. Quelle beau destin pour ces murs déjà remplis de souvenirs.»

 

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