Lauréate du Prix du patrimoine 2009 des Etchemins, catégorie Porteur de tradition, la Beauceronne, qui emprunte sporadiquement le manteau du père Noël, a séduit petits et grands en jouant avec les mots.
«Au début du siècle, a-t-elle expliqué, la majorité des gens ne savaient ni lire ni écrire. Les familles étaient nombreuses et plus souvent qu'autrement, elles avaient peu de ressources. Pour transmettre leurs histoires, l'art du conte s'est donc développé au Québec de génération en génération, de maison en maison.»
En hiver, une fois le souper passé, le père posait ses pieds sur la bavette du poêle et, tout autour, les enfants dans la lumière blafarde de la lampe à l'huile se rassemblaient. «L'écoute était magique», fait valoir la conteuse.
Selon Pauline Paré, qui depuis 14 ans livre des contes aux jeunes, le plus grand pouvoir à léguer aux enfants réside dans les mots.
«Les mots qu'on écrit, les mots qu'on dit, ce n'est pas du tout la même chose, note-t-elle. Un lecteur peut relire. Un auditeur, non. Pour bien écouter et tout saisir, il lui faut savoir ouvrir son coeur et se concentrer au maximum.»
Les Fêtes naguère
La conteuse parle de ces 24 décembre, désormais révolus où «les plus vieux» coupaient le sapin dans la forêt avant de le déposer dans le coin du salon où il dégelait tranquillement. Allait rapidement se coucher la marmaille permettant aux parents, guirlandes de papier en mains, de le décorer. Puis, il fallait atteler le cheval avant de grimper dans la carriole et se glisser sous la peau d'ours pour se rendre à la messe de minuit... Au retour, il y avait ces bas remplis de... pas grand-chose : une orange, une noix de Grenoble, un jouet gossé dans le bois.
Le Moulin La Lorraine, qui expose des jouets de fabrication artisanale et industrielle, tenait une activité hier pour démontrer comment nos ancêtres occupaient leurs temps libres avec jeux simples, en utilisant un bout de bois ou de laine, un bouton et un brin d'ingéniosité. Samedi prochain, il y aura les classiques de Noël avec Lise Leduc.
De son côté, en compagnie des Feux follets, Pauline Paré fera revivre les contes des Noël anciens, le 19 décembre au Café du conteux du Village des défricheurs, à Saint-Prosper.
«Il n'y a pas d'âge, dit-elle, pour redevenir enfant et s'émerveiller.»










