«Avec le gouvernement en place, il faut toujours tout surveiller, tout est fait en catimini. Ce climat ne me convient pas du tout, si je quitte, je quitterai le Québec et m'installerai dans une province où il existe un moratoire sur l'uranium», a, pour sa part, affirmé l'une des porte-parole du groupe, la Dre Isabelle Gingras.
Vendredi, Le Soleil a obtenu copie d'une correspondance acheminée à la députée de Duplessis dans laquelle le ministre responsable des Mines, Serge Simard, conclut qu'il est «injustifié» d'appliquer un moratoire sur l'uranium, et tout autant de freiner les activités d'exploration sur la Côte-Nord, malgré les 14 000 signataires de pétitions s'y opposant.
«Je crois que le ministre a eu peur de déplaire à l'industrie. Encore une fois, le gouvernement n'a pas pris en considération le message, pourtant clair, envoyé par la population», a-t-elle indiqué en déplorant l'attitude globale du gouvernement en place.
La Santé publique maintient cependant en place son comité de travail concerté, créé en janvier, pour évaluer les effets de l'industrie uranifère sur la santé auquel siège la Dre Gingras. Selon elle, Québec devrait minimalement décréter un moratoire sur l'exploitation durant les travaux du groupe. «Il y a urgence d'agir, et un moratoire, ça se lève aussi! C'est un principe d'attendre avant de s'engager dans quelque chose qui ne nous permettrait pas de revenir en arrière», a ajouté la psychiatre.
Table de travail
La table de travail, présidée par le directeur de santé publique de la Côte-Nord, le Dr Raynald Cloutier, devrait se rencontrer à nouveau avant l'été. Le comité s'est fixé un horizon d'un an ou deux avant de donner un avis définitif sur les risques du cycle complet de l'industrie de l'uranium sur la santé. «Des avis seront communiqués au fur et à mesure de l'avancement des travaux pour vulgariser l'information à la population», a précisé Dre Gingras.
Joint par téléphone, le porte-parole du mouvement Sept-Îles sans uranium, Marc Fafard, s'est dit surpris de la décision prise par Québec de ne pas vouloir appliquer un moratoire ni même dans le secteur de la municipalité. «Je suis convaincu que le potentiel uranifère du Québec est déjà promis à l'industrie», a-t-il laissé savoir. Le regroupement tiendra une conférence de presse, demain, pour donner ses commentaires officiels.
Le groupe de médecins, la Ville de Sept-Îles et Sept-Îles sans uranium prévoient également déposer des mémoires à la commission parlementaire sur la réforme de la Loi sur les mines, ce printemps.












