Mardi, en point de presse pour dévoiler ce qu'il attend des partis fédéraux engagés dans la lutte électorale, le leader de l'Action démocratique du Québec s'est montré un fidèle allié du premier ministre fédéral sortant Stephen Harper. Mario Dumont votera conservateur quoiqu'il refuse de donner une consigne à ses partisans.
Aux journalistes, l'adéquiste a laissé tomber que «ça fait plusieurs élections consécutives que j'ai le même vote, au fédéral», une voix qu'il donne au Parti conservateur du Canada. «Oui, mathématiquement, il y a plus» de partisans de l'ADQ qui militent pour les conservateurs que pour les autres organisations, a-t-il reconnu en haussant les épaules. Mais aucun mot d'ordre ne circule en ce sens chez les adéquistes.
M. Dumont considère toujours que la présence du Bloc à Ottawa a perdu sa pertinence et que le Parti libéral du Canada demeure discrédité par le scandale des commandites. «Je n'ai pas l'habitude de changer d'idée», a-t-il répondu.
Mario Dumont a durement attaqué la formation politique que dirige le bloquiste Gilles Duceppe. «Je souhaite que l'on mette de côté les campagnes de peur qui sont franchement ridicules», a-t-il lancé.
Il a sommé le Bloc de mettre un terme aux «déclarations terrorisantes». D'autant plus, a-t-il enchaîné, que cette formation a, «dans ses carnets historiques, tellement dénoncé le ''coup de la Brinks'' et les campagnes de peur sur les pensions de vieillesse». Il s'agit de deux manoeuvres dont le Parti québécois a été victime, il y a longtemps : la première au scrutin de 1970 et la seconde au référendum de 1980!
Mario Dumont a reconnu que les positions défendues par le gouvernement conservateur en matière de changements climatiques l'ont déçu. Mais il s'est montré plus que méfiant par rapport à la taxe sur le carbone que préconise le libéral Stéphane Dion.
«Nous sommes d'une extrême prudence vis-à-vis toute nouvelle taxe. Nous pensons que la classe moyenne a déjà un énorme fardeau.» Un peu plus tard, il s'est éloigné du dossier du scrutin fédéral pour mentionner que le Québec, lui, vivait un peu dans le «pire de deux mondes. Nous payons les taxes d'un pays socialiste. Mais nous n'en avons pas pour notre argent. Les services ne sont pas là».
«Liste d'épicerie»
M. Dumont a convoqué les médias pour énumérer les cinq enjeux qu'il juge prioritaires. Chacun des partis politiques fédéraux recevra copie de sa «liste d'épicerie».
En tête de liste, se trouvent les balises à poser devant le pouvoir fédéral de dépenser dans les provinces et «la reconnaissance constitutionnelle du Québec». En point de presse, Mario Dumont a admis qu'il existe à Ottawa «un appétit relativement faible» pour modifier la Constitution. Il en fait porter la responsabilité entière à Jean Charest, le premier ministre du Québec.
«C'est difficile de mesurer l'appétit constitutionnel quand le gouvernement du Québec est muet. Il ne demande rien, il ne fait rien, il ne bouge pas. Mais il y a certainement une conscience qu'il faudra, un jour ou l'autre, s'y attaquer.»










