Le réseau routier prend lentement du mieux

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Guy Benjamin
Le Soleil

Peut-on rouler sans crainte sur les ponts au Québec? Le risque est au minimum, selon le sous-ministre des Transports Denys Jean. Un pont sur deux est en mauvais état, évalue Michel Gagnon, le président de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec.

Le nombre d'ingénieurs à l'emploi du ministère des Transports a augmenté de 4,5 % au cours des quatre dernières années, pour atteindre 513, selon le sous-ministre. Le nombre d'ingénieurs n'est pas suffisant pour assurer la surveillance de la surabondance des chantiers, affirme le président de l'association des ingénieurs.

Dans la foulée du rapport de la commission Johnson sur l'effondrement du viaduc de la Concorde à Laval, il y a deux ans, le gouvernement québécois a décidé d'investir massivement dans l'entretien du réseau routier. Il a aussi repris possession des 4281 ponts situés dans les municipalités de moins de 100 000 habitants.

Explosion du budget

Longtemps négligé, le réseau routier fait maintenant l'objet d'investissements massifs. Cette année, 1850 chantiers nécessiteront 2,7 milliards $, précisait mardi en conférence de presse le sous-ministre Jean. En 2003-2004, le Québec a consacré seulement 170 millions $ à son réseau routier, et avait 4200 ponts de moins à s'occuper, de rappeler M. Gagnon. En doublant le nombre de ponts à inspecter et en faisant exploser le budget consacré au réseau routier, il est évident que les ingénieurs à l'emploi du ministère ne suffisent plus à la tâche, insiste le président de l'association des ingénieurs.

D'où le recours à la sous-traitance, trop souvent au goût des ingénieurs de l'État. M. Gagnon rappelle une déclaration de la ministre des Transports, Julie Boulet, qui en commission parlementaire en avril dernier disait avoir besoin de 150 à 200 ingénieurs de plus.

Amélioration

Les deux hommes s'entendent au moins sur un point, le réseau routier québécois s'améliore, lentement. En 2007-2008, le ministère des Transports est intervenu sur 1994 kilomètres de chaussées et sur 574 structures.

Ainsi, l'indice de confort de roulement s'est amélioré de 1 %, tandis que l'amélioration des structures se situe à 1,6 %.

C'est peu, reconnaît le sous-ministre, qui rappelle que le Québec est en mode rattrapage sur la qualité de son réseau routier. Mais en même temps, c'est encourageant, parce qu'il s'agit du premier arrêt de la dégradation du parc de structures depuis 1998. L'amélioration devrait se poursuivre puisque des investissements de 11,6 milliards $ sont prévus sur quatre ans. Toute cette grande préoccupation pour le réseau routier est la conséquence des cinq morts et six blessés lors de l'effondrement du viaduc de la Concorde.

La commission d'enquête qui a suivi a résulté en 17 recommandations. Douze d'entre elles sont déjà réalisées, et les cinq autres sont à un stade avancé de réalisation, précise le sous-ministre Jean.

Ainsi, depuis le 1er janvier, tous les contrats pour les travaux sont assortis d'un contrat d'inspection par un ingénieur. Et le ministère «inspecte» le travail des firmes d'ingénieurs, de dire le sous-ministre. Le ministère a notamment mis en place une politique d'attribution de mandats de génie-conseil basée sur la compétence, et la performance des firmes dans des contrats précédents, lorsqu'il fait appel à des sous-traitants.

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