Le président Sarkozy arrivera à Québec le vendredi 17 octobre, avant de repartir le lendemain, en fin de journée. Il ratera ainsi le tout premier débat sur la langue française prévu le dimanche avant-midi, avec les 55 chefs d'État.
Selon le premier ministre Jean Charest, il ne faut pas y voir un désaveu de la part du président français. «On comprend très bien qu'il est président de l'Union européenne et que, dans ces circonstances exceptionnelles, il est très, très occupé», a-t-il indiqué au Soleil.
Jean Charest en profite pour rappeler que le président Sarkozy profitera de son passage au Québec pour signer une entente bilatérale sur la mobilité de la main-d'oeuvre entre la France et le Québec. «Je comprends parfaitement les contraintes d'horaire du président. Si en plus le résultat est celui auquel on s'attend, on pourra dire que le passage du président Sarkozy aura laissé de profondes marques sur le Québec.»
Le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, refuse aussi de voir dans cette absence un manque d'engagement du président Sarkozy. «Le président Sarkozy est très engagé dans la Francophonie. Je l'ai vu récemment, il connaît bien tous les dossiers de la Francophonie. Chaque fois que je lui ai soumis un problème, il a réagi au quart de tour et le problème a été réglé. Mais il est président de l'Europe actuellement et il a beaucoup d'autres engagements. Il faut faire preuve de compréhension», a-t-il affirmé en entrevue au Soleil.
Aucun événement n'a toutefois été invoqué jusqu'à maintenant pour expliquer cette absence le 19 octobre. Le président Sarkozy doit présider le Conseil européen, du 15 au 16 octobre, avant de s'adresser au Parlement européen le 21 octobre. Il participera aussi à un sommet avec les pays asiatiques, le 24 octobre.
Mauvais signal
Mais d'autres voix s'élèvent pour déplorer son départ précipité. Pour Louise Beaudoin, ancienne ministre responsable de la Francophonie et coordonnatrice du réseau Francophonie à l'Université de Montréal, il s'agit d'un bien mauvais départ. «Ce n'est pas un très bon signal. La Francophonie n'a pas l'air d'intéresser beaucoup le président Sarkozy... Pourtant, la France a un leadership évident qu'elle doit assumer.»
Mme Beaudoin s'inquiète par ailleurs de l'impact de la campagne électorale fédérale sur la préparation du Sommet. «C'est minimalement inquiétant. La campagne fédérale canadienne vient brouiller beaucoup de cartes. Ottawa est le co-organisateur de ce Sommet et c'est le silence radio.»
La tenue du scrutin, à trois jours de l'ouverture du Sommet le 17 octobre, trahit le manque d'engagement du Canada envers la Francophonie, affirme Mme Beaudoin. «Si le Sommet du Commonwealth avait eu lieu à la même date à Toronto, je ne suis pas sûre que le premier ministre Harper aurait déclenché des élections», laisse-t-elle tomber.
De son côté, le premier ministre Jean Charest ne jette pas la pierre à Stephen Harper. «Je ne déplore pas la situation, c'est la vie, a-t-il indiqué. Le Sommet est en préparation depuis très longtemps, ce n'est pas 33 jours de campagne électorale qui va changer l'essentiel de la contribution fédérale. Je ne m'en inquiète pas.»
Même son de cloche de la part du secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf. «Je sens la présence aussi bien du Canada que du Québec et du Nouveau-Brunswick dans la Francophonie. Le Sommet va s'ouvrir alors que les élections seront déjà derrière nous. Tout se passera très bien.»












