Déclarations du président Sarkozy: les souverainistes refusent de prendre ombrage

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Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Lorsque Nicolas Sarkozy soutient que le monde n'a pas besoin «de division, mais d'unité», il ne faut pas interpréter ces propos comme une répudiation du projet d'indépendance du Québec, affirment les souverainistes. Et encore moins comme un message pour l'unité canadienne, reprennent-ils.

Rencontrés hier, à l'Assemblée nationale, ces derniers n'ont surtout pas voulu prendre ombrage des positions du président de la République française sur l'amitié qu'il entretient envers le Canada et sur l'amour qu'il voue au Québec.

Gilles Duceppe, le chef du Bloc québécois, qui vient de faire élire 50 députés à Ottawa, a estimé que la condamnation de la «division» ne s'applique tout simplement pas au Québec. Et il ne s'agit évidemment pas d'un endossement de «l'unité canadienne», selon lui.

«Lorsque M. Sarkozy parle que nous sommes des frères alors qu'il a une relation d'amitié avec le Canada, ça me va», a laissé tomber M. Duceppe. Il a préféré insister sur le discours prononcé par le politicien français à l'Assemblée nationale. Le leader du Bloc a relevé le fait que l'allocution a exprimé l'intention «d'avoir des relations d'égal à égal. Justement, nous travaillons sur ça, l'égalité».

La chef du Parti québécois a aussi tenu à se réjouir de «l'excellent discours, de très haut niveau. De la musique à mes oreilles», a insisté Pauline Marois. La péquiste n'a pas voulu s'offusquer des paroles sur la «division» et «l'unité». «Vous savez très bien que notre projet n'est pas divisif, mais inclusif», s'est-elle limitée à dire.

Contraire de l'indifférence

L'ex-premier ministre Bernard Landry ne trouvait rien à redire sur ce qu'il a entendu à l'Assemblée nationale. «M. Sarkozy a même fait allusion à l'amour (pour le Québec). C'est tout le contraire de l'indifférence. Mais comme on aime, on ne fait pas d'ingérence.»

Seul de son camp, Jean-François Lisée n'a pas apprécié les mots de M. Sarkozy sur la «division». Pour celui qui a été conseiller des chefs péquistes Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, «c'est clair qu'il a donné son opinion personnelle sur la question de la souveraineté» et le fait qu'il préfère «un Canada uni».

«Tous les présidents de la République française ont gardé leur réserve (...) disant qu'il appartient aux Québécois de décider, sauf deux, a indiqué le chercheur universitaire. M. Sarkozy, qui dit que les souverainistes se trompent. Et M. (le général Charles) de Gaulle, qui a dit (en 1967, avec ?Vive le Québec libre!?) qu'ils avaient raison. C'est dommage pour M. Sarkozy parce que le reste de la journée est excellent.»

Le chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, s'est réjoui et du discours et de ce qu'il voit comme une «gifle aux péquistes. Il a tourné la relation vers l'avenir. Il a pris les obsessions du PQ et tout renvoyé cela dans le passé. Il a bien affirmé la relation privilégiée avec le Québec. Un discours remarquable.»

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