Intérim de Dion: grogne et résignation chez les libéraux

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Intérim de Dion: grogne et résignation chez les libéraux

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Stéphane Dion devra affronter la colère générale contre son no 2 au Québec, la sénatrice Céline Hervieux-Payette.

Photothèque Le Soleil

Raymond Giroux
Le Soleil

(Ottawa) Stéphane Dion n'aura pas la vie facile, à la suite de l'annonce de son départ de la direction du Parti libéral dès que son successeur aura été élu.

Malgré les montées de lait de quelques libéraux offusqués par sa décision d'assumer lui-même l'intérim de sa succession, et les indications que son caucus acceptera sa décision, rien n'est vraiment joué au sein du PLC. M. Dion devra en effet affronter la grogne générale contre son no 2 au Québec, la sénatrice Céline Hervieux-Payette, qui se retrouve actuellement dans la peau de la libérale la plus détestée au Québec.

Le seul problème, indique-t-on au PLC, est que le nombre de prétendants pour la remplacer est très limité, que tous ont déjà refusé le poste et que personne ne veut prendre sa place dans le contexte actuel.

Sur le fond, les chances de rejet de M. Dion, demain, se révèlent minces. «Je ne vois pas comment, parce que nous avons le choix entre entériner M. Dion et partir en guerre ouverte, et je compte sur la sagesse de mes collègues pour appuyer M. Dion», soutient le député Pablo Rodriguez en entrevue.

«Une guerre ouverte est totalement évitable, dit-il, et on gagne à commencer la réconciliation tout de suite, même pendant l'intérim. Nous avons le devoir de remettre au nouveau chef un parti uni et prêt à aller en élection.»

Les mécontents n'ont pas apprécié que M. Dion s'impose comme chef intérimaire sans les consulter et exigeront un certain nombre de concessions de sa part. Car sa neutralité et celle de son entourage actuel dans la course à la direction ne convainquent pas tout le monde, et certains partisans de Michael Ignatieff sentent au bureau de M. Dion un penchant envers son rival Bob Rae.

Il ressort d'ailleurs de conversations avec des libéraux que les plaies de la dernière campagne ne sont pas pansées et que les clans Ignatieff et Rae se détestent autant qu'alors, ce qui fait dire à un informateur que la situation est devenue carrément «malsaine» au sein du parti. Les libéraux ne voudraient cependant pas voir la situation de 2006 se répéter alors que les deux premiers se sont neutralisés, permettant l'élection de M. Dion. Les gros noms, d'ailleurs, pourraient se faire rares.

Personne ne s'attend vraiment, en effet, à ce que l'ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna, participe à une course qu'il avait évitée en 2006, d'autant plus que son français n'est décidément pas à la hauteur des exigences politiques actuelles. Quant à John Manley, ses adversaires se préparent, si jamais il fait le saut, à le «crucifier» sur la question de l'Afghanistan, où il a servi de faire-valoir à Stephen Harper pour la poursuite de la mission militaire canadienne dans ce pays.

Les deux avaient déjà laissé circuler leur candidature, il y a deux ans, pour finalement se désister.

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